Photos :
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    Le calcaire crétacé :
:la mince couverture du socle
 

                            
    Sur cette PHOTO de la falaise nord du cirque de Barrosa, la roche inférieure jaune clair (une cornéenne, ancienne roche schisteuse recuite au contact du granite voisin lorsque celui-ci s'est mis en place à l'état fondu et l'a partiellement infiltrée) appartient au "socle", et la roche supérieure violet foncé (une ampélite) à la nappe de charriage (au sujet de l'ampélite voir la page qui lui est consacrée).
    Entre les deux : un liseré blanc d'épaisseur variable (un à dix mètres environ). C'est la couverture, en calcaire crétacé supérieur, du "socle", c'est-à-dire de l'ensemble rocheux dit "autochtone" formant le soubassement, au-dessous du plan de chevauchement sur lequel s'est déplacé la nappe de charriage, laquelle est dite "allochtone". Cette assise appartient donc au "socle" : on parle de "crétacé autochtone" (par opposition au calcaire crétacé inclus dans la nappe de Gavarnie, dit "crétacé allochtone"
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    Le chemin a été aménagé (au besoin à coups d'explosifs) le plus souvent sur ce calcaire qui lui sert de chaussée (voir la page consacrée au chemin des mines dans la falaise nord), donc au niveau du plan de chevauchement, parfois un peu au-dessus, dans les ampélites, parfois un peu au-dessous dans le calcaire lui-même.

    Ce calcaire, blanc, résulte d'un dépot sédimentaire dans une mer peu profonde, sur une plate-forme continentale du bord nord de la plaque ibérique, entre le Cénomanien et le Santonien (étages du Crétacé supérieur), donc entre -100 et -80 millions d'années, juste avant que ne commence la surrection des Pyrénées par collision continentale de l'Ibérie contre la plaque eurasiatique (note 1)
 

        
   La falaise nord du cirque de Barrosa telle qu'on la voit quand on monte vers le port de Barroude par le sentier (voir la page consacrée à cette montée). On y distingue le fin liseré blanc de calcaire crétacé entre l' épaisse couche d'ampélite sombre et le "socle" de cornéenne.
 

       
   Vue de plus prés sur la couverture de calcaire crétacé du "socle", épaisse de 2 à 5 mètres, à l'extrémité sud de la corniche nord, coupée par deux cascades. Aprés la traversée de la première cascade en venant de la gauche (sud) le chemin monte de deux ou trois mètres, provisoirement, dans les ampélites. La couverture de calcaire repose ici sur une cornéenne (roche brulée par le contact avec le granite intrusif voisin, lorsqu'il était encore en fusion, au cours de la surrection de la chaîne hercynienne, il y a environ 300 millions d'années).

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   Vue du même endroit, sous un autre angle, un 18 octobre, époque à laquelle la neige est absente et la cascade moins abondante. Les randonneurs donnent l'échelle.
    Ici le chemin (du moins le sentier qui en est actuellement le vestige) abandonne le calcaire crétacé (qui s'est peut-être effondré ou a été creusé par la cascade) pour monter de 2 ou 3 mètres dans les ampélites. Ce ressaut peut être surmonté dès la cascade franchie (pas de II-III), soit 10 à 20 mètres plus loin par une courte cheminée facile. Le sentier retrouve le calcaire plus loin (note 2).
   Au fond, à droite, le port de Barroude, sous lequel on devine les lacets du chemin, au-dessous desquels on voit le calcaire crétacé en deux endroits où il sépare l'ampélite, en haut, du grès rouge, en bas, qui, là, fait partie du socle.
 

       
   L'ombre met le doigt sur le plan de chevauchement (le contact anormal) de la nappe de Gavarnie, en haut, sur la couverture du "socle", en bas.
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    A la traversée de la cascade de l'extrémité sud de la corniche nord, où le chemin des mines (la flèche à la peinture rouge indique la direction du port de Barroude) est taillé dans le calcaire crétacé, on voit de très prés le contact (anormal, c'est-à-dire le plan de chevauchement) entre l'ampélite (datant du Silurien : en gros 400 à 500 millions d'années) de la nappe de charriage en haut, et le calcaire crétacé (datant du Crétacé supérieur, probablement entre Cénomanien et Santonien, soit entre -100 et -80 millions d'années) qui est la couverture du "socle", en bas.
    Ce calcaire, outre qu'il est tranché par une faille, a un aspect feuilleté lié au cisaillement subi (sous forte pression et température relativement élevée) lors du mouvement de la nappe du nord vers le sud (ici de droite à gauche (voir la page consacrée à l'effet du charriage sur les roches).
    
Songer que l'ampélite était à l'origine, avant la surrection des Pyrénées, 10 à 15 km plus au nord, et que la nappe de Gavarnie s'est déplacée, par à-coups, de cette distance pendant la surrection.
   
A gauche, la flèche à la peinture rouge indique la direction du port de Barroude, au nord.

       
  
Toujours dans la falaise nord : il semble qu'il y ait, dans sa partie centrale, un dédoublement de la couche de calcaire crétacé supérieur.
  Ce phénomène pourrait s'expliquer, selon le dessin (très schématique) : la nappe de Gavarnie, dans son déplacement vers le sud, entrainerait sous elle une partie de cette couche (avec un peu de "socle") et l'amènerait, d'abord le long d'une rampe, à chevaucher la partie laissée en place.
 

                            
    Dans la partie centrale du cirque de Barrosa, le chemin des mines, envahi par l'herbe et les chardons ("fausse-carline") qui poussent sur la terre provenant du délitement des ampélites violet foncé sus-jacentes, profite, là aussi, de la chaussée que lui offre (moyennant parfois quelques coups d'explosif : voir le trou de barre à mine à droite) la couche de calcaire crétacé couvrant le socle granitique. Celui-ci, jaunâtre, est visible à gauche sous l'assise de calcaire blanc.
 

       
    PHOTO d'un passage de la vire dans la falaise sud (voir aussi une autre photo du même endroit). On y retrouve la même disposition des roches : la couche de calcaire crétacé (sur laquelle court le chemin) est prise en sandwich entre deux contacts anormaux, contact en haut avec un banc d'ampélites sombres, surmonté de la falaise de calcaire dévonien (c'est le plan de chevauchement), contact en bas avec le granite. Ce deuxième contact (une discordance) est ici frappant, entre un calcaire déposé par une mer au Crétacé supérieur (entre -100 et -80 millions d'années), et une roche magmatique qui était montée dans la croûte continentale lors de la formation de la chaîne de montagne hercynienne vers -300 millions d'années.
 

       
    Sur une vue de loin de la falaise sud on retrouve, comme dans la falaise nord, le liseré blanc de calcaire crétacé (les flèches jaunes sur la partie agrandie), entre le granite du "socle" en bas, et le calcaire dévonien de la nappe de charriage en haut (sous lequel se glisse une lame d'ampélite), liseré qui là aussi sert de support au chemin des mines.
    En haut à droite, le pic Robiñera.

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  NOTES : 
  1. On retrouve cette mince couverture calcaire crétacé autochtone un peu partout sous la nappe de Gavarnie. En particulier dans la vallée de Gavarnie, souvent sous la forme d'une petite falaise (parfois surplombante, notamment sur les rives du ruisseau de Pailla et au-dessus du magnifique sentier qui va du plateau de Pailla à l'hôtellerie du cirque) sur le flanc est de la vallée (dessin ci-contre), ou au bord du plateau Bellevue,  sur son flanc ouest.
    Elle est également présente, plus près du cirque de Barrosa, au plan de La Larri (dans la vallée du rio de La Larri, affluent de la rive gauchz du rio Cinca, au fond de la vallée de Pineta) "fenêtre" creusée par l'érosion à travers la nappe de Gavarnie, et laissant voir le "socle" sous- jacent.

  (voir ausi :
  - la
page de photos consacrée au calcaire crétacé autochtone dans la vallée de Gavarnie ;
  - les brochures :
     * par des enseignants chercheurs des universites Bordeaux 3 et Paul Sabatier de Toulouse
, Pyrénées : 500 millions d'années, itinéraires géologiques dans le Parc national, co-édition BRGM-PNPO, 1983, pp. 75-85 ;
     * R. Mirouse, Pyrénées centrales franco-espagnoles, collection des guides géologiques régionaux, édition Masson, 1992, pp. 160-164).

   2. Les photos de la page, celle-ci en particulier, sont à rapprocher des photos du charriage du Moine ("the Moine thrust"), dans les Highlands, au nord-ouest de l'Ecosse, figurant dans une page du site de l'université d'Oxford .