Photos : 
page de photos 9-7
     
    Vallées de La Gela, de Saux, de Badet et du rio Pinara : L'exode des réfugiés espagnols par le Port Vieux, lors de la "Bolsa de Bielsa"

   Il est difficile de parler du cirque de Barrosa sans parler de la vallée de Bielsa, et de Bielsa sans évoquer le fameux épisode de la guerre d'Espagne connu sous le nom de "Bolsa de Bielsa", poche de résistance héroïque opposée pendant prés de trois mois à l'avancée franquiste par les républicains espagnols, au printemps 1938 : en lire un court récit dans la page qui lui est consacrée.
   Cet épisode a été marqué en particulier par l'exode de 5000 civils espagnols, y compris de jeunes enfants, des vieillards, des blessés, qui, pour fuir les combats et se réfugier en France, ont franchi le Port Vieux (proche du cirque de Barrosa), à prés de 2400 m. d'altitude, au début du mois d'avril : ce drame ne peut laisser indifférents des montagnards, d'autant plus qu'il a donné l'occasion de se manifester à la séculaire solidarité montagnarde entre les habitants de la vallée d'Aure et ceux de la vallée de Bielsa (note 3).
    Voir deux autres photos anciennes: l'une dans la page de photos consacrée au grand replat de la
vallée de La Géla, l'autre dans une page consacrée à l'Höpital de Parzan (Juan Negrin et Antonio Beltran devant la "casa Bosar").


  
    A plusieurs reprises l'aviation franquiste a bombardé la poche de résistance de Bielsa, terrorisant les populations (photo 1). En particulier au début du mois de juin 1938, des bombes incendiaires s'abattirent sur les villages de Parzan et Bielsa, ne laissant debout que des murs éventrés et calcinés (photo 2, montrant la mairie de Bielsa, avec ses arcades, et les maisons voisines de la Plaza Mayor, dévastées par ces bomùbardements). Les installations minières de l'Hôpital de Parzan onr également été bombardées.

  
    Franchissement au début du mois d'avril, du Port Vieux encore abondamment enneigé sur son versant français. Des volontaires français ont aidé au creusement d'une tranchée dans la neige (photo 3), et à la difficile descente par les miliciens espagnols, sur des brancards, des blessés ou des vieillards (photo 4), le long des pentes de neige (note 1).
   (Au bas de la page consacrée au grand
replat de la vallée de La Géla on trouvera une photo de réfugiés arrivés dans ce replat, au bas du col).


                                                                                
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    Lourdement chargés, des réfugiés, descendant la vallée de La Géla, arrivent un peu au-dessus de la chapelle des Templiers (photo 5, où on voit, au fond, le pic de La Géla).  Des dames agées (dont une de 102 ans), sur des cacolets à dos de mulets dans la partie déneigée du versant espagnol, de jeunes enfants sur le dos de leurs mères, ont franchi le col (photo 6). Un drame les a accablés : un enfant, glissant sur une pente de neige, a disparu dans le torrent sous les yeux d'adultes impuissants. Désespérés à l'idée de tout abandonner derrière eux, en particulier leur bétail, les réfugiés ont emporté ce qu'ils ont pu de leurs biens dans des baluchons ou des valises, et même une dame un agneau sur ses épaules (photo 7). Plus tard, en mai et début juin, les espagnols firent passer en France, par le Port Vieux et le port de Rioumajou, un énorme troupeau de plusieurs milliers de bovins, ovins et mulets.
   

  
    La petite fille n'a pas laché sa poupée (photo 8). Des hommes ayant pris en charge des enfants sont aidés à leur arrivée dans la vallée d'Aure par des gendarmes français (photos 9 et 10). A Fabian (Aragnouet), devant l'hôtel Fouga (où du pain est distribué aux réfugiés), les blessés, sur des brancards, sont chargés sur des autobus pour être transportés à la gare d'Arreau (photo 11 ; l'hôtel Fouga existe toujours, associé à un bar-restaurant et à un camping ; à la fin du XIXe siècle, déja, une auberge tenue par un nommé Guillaume Fouga, instituteur à Aragnouet, servait de refuge aux pionniers du pyrénéisme).

  
    SOURCES DES PHOTOS (note 1):
   - les photos 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11 sont des photos signées Alix (note 2) ;
   - les photos 1, 2 (signée Heraldo de Aragon), 3 (signée Ganivet) et 4 sont des photos du musée de Bielsa.
  
   Ces photos figurent dans un beau livre édité en 2005 par la Diputacion de Huesca et le musée de Bielsa, dont l'auteur est Antonio Gascon Ricao (couverture ci-contre).
  
   
   Elles sont visibles, avec d'autres photos, des documents et des objets, au deuxième étage du musée ethnologique de Bielsa, dans le bâtiment de la mairie, sur la Plaza Mayor, étage consacré à la Bolsa de Bielsa (voir ci-dessous, et le site de Bielsa, n° 1 dans la liste des liens :
www.bielsa.com).

  
    L'auteur du présent site remercie le studio et magasin-photo Alix, de Bagnères-de-Bigorre, et le directeur du musée de Bielsa, pour l'avoir aimablement autorisé à reproduire ces photos.
   
  
   R
 
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   NOTES :
  
1.
Joseph Aussat, professeur d'éducation physique à Pau, montagnard chevronné (deuxième ascension du couloir de Gaube, avec Henri Barrio et Joseph Loustaunau, le 13 juillet 1933) , photographe, venu prêter assistance à ses camarades bigourdans de la CGT pour convoyer les blessés dans la descente du Port Vieux (à de multiples reprises il a, à skis, guidé la descente dans la neige d'un blessé allongé sur un traîneau) a lui aussi pris des photos de cet exode.
    L'association Montagnes Insolites ( http://montagnes-insolites.typepad.com ) a mis en ligne le fonds photographique de Joseph Aussat dans le site Fotki (il y a 951 photos, dont 698 non triées). On peut le consulter à l'adresse :  http://public.fotki.com/montagnes-insolites/aussat . Voir dans l'onglet 22 (en décembre 2008) les photos 510, 511 et 512, 516 et 517 (parmi les 698 non triées) : elles ont trés probablement été prises dans la descente du Port Vieux.

 
 2. Ces photos, issues du studio Alix de Bagnères-de-Bigorre (1907-1961), font partie du fonds photographique Eyssalet, déposé à la municipalité de Bagnères-de-Bigorre (voir le site de Christophe Thiry : http://www.alixphoto.com ) .
   
    De juin à septembre 2012 ce fonds a fait l'objet d'une exposition (image ci-contre) organisée par le CEDAS (Centre d'Etudes et de Documentation Aure-Sobrarbe)
au centre culturel municipal d'Ancizan, en vallée d'Aure, où on a pu les voir gratuitement.


  3.
Le 15 juin 2013, au cours des VIIes journées "La Bolsa de Bielsa", a eu lieu, pour célébrer le 75e anniversaire de cet exode des aragonais, une montée au Port Vieux sur leurs traces à partir de l'extrémité espagnole du tunnel de Bielsa. Voici quelques photos de cette manifestation (la dernière montre le haut du versant français du port Vieux où une tranchée avait été creusée dans la raide pente de neige : voir ci-dessus la photo 3) :


    

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