Photos :
 
page de photos 5-2
                               
     Le câble transporteur aérien des mines du pic Liena
 

  (L'auteur de certaines des photos de cette page est Jean-Jacques Héran : l'auteur du site le remercie pour l'avoir autorisé à les y insérer).

               
   DESSIN précisant la topographie et l'ampleur du câble aérien transporteur des mines du pic Liena (plus précisément de celles de son versant est, les mines Luisa). C'était un monocâble aérien, de type Etcheverry, par lequel le minerai de fer et surtout de plomb argentifère a été, entre 1912 et 1928, descendu des mines Luisa (2420 m) aux installations minières de l'Hôpital de Parzan (1450 m) (voir un plan de ces installations dans la page qui leur est consacrée).
   
Le principe de la fixation des bennes sur le câble était le même que celui des télébennes des stations de ski actuelles : une pince débrayable s'ouvrait et se fermait sur le câble de façon automatique, à l'entrée et à la sortie des stations (une page spéciale explique ce mécanisme, et il est question des câbles transporteurs en général dans une page de photos).  
   Par rapport au transport du minerai par des caravanes de mulets ce système était un grand progrés. Le gain de temps était considérable : il transportait 1 tonne par heure, à raison de 300 kg par benne, ce qui est la charge transportée par 2 à 3 mulets.

   Il est toujours en place, peu dégradé.
   
Le tracé du câble comporte une angulation, et donc une station d'angle, complexe, assurant ce changement de direction (voir une page de photos qui lui est consacrée).
   La longueur totale du câble, qui était en boucle, devait être approximativement de 5,5 km.
   Sur la carte est figuré le tracé du chemin des mines Luisa qui permettait autrefois la maintenance du câble, et actuellement de le voir de près (pour une description de ce chemin, voir la page consacrée à la course pic Liena).

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   1. La station inférieure

         
     PHOTO de la station inférieure du câble transporteur aérien (dit "câble Luisa"). On la trouve, noyée dans la végétation, à droite du chemin du cirque de Barrosa, lorsqu'il tourne vers la gauche pour quitter ces installations et monter dans la direction du cirque.
   Sur la PHOTO on voit surtout le monorail sur lequel les bennes venaient rouler lorsqu'elles lachaient (automatiquement) le câble à leur arrivée dans la station, puis, aprés avoir été déchargées de leur contenu, faisaient demi-tour pour venir s'accrocher à la partie montante du câble. 
   Au fond on aperçoit le col frontalier de Salcorz (ou port d'Héchempy, 2449 m), franchi par un deuxième câble porteur aérien de 10 km de long, transfrontalier, chargé de transporter le minerai de plomb argentifère, débarassé de sa partie stérile dans la laverie, de l'Hôpital de Parzan au pont du Moudang, en vallée d'Aure (voir la page Mines).
   Le SCHEMA (simplifié) montre l'ensemble de la station et son fonctionnement. Le moteur faisant circuler le câble (en boucle,) et les bennes, était à la station supérieure.

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    PHOTO de la station inférieure montrant une benne qui a été désolidarisée du câble (qu'on voit monter à gauche, au-dessus des poulies), et qui a été prise en charge par le rail où elle va faire demi-tour après avoir été déchargée.
 

               
    PHOTO ancienne, prise à une époque où l'envahissement des ruines des installations minières par la végétation n'empêchait pas de faire une photo de l'ensemble de la station d'arrivée du câble aérien (remarquer à droite le haut du plan incliné supportant le chariot de mise en tension du câble)
   (photo de Philippe Vivez, empruntée à son article paru dans la Revue Pyrénéenne, n°94, 2/2001, Les sentiers du fer et de l'argent dans les hautes vallées d'Aure et du Cinca)
.
 

           
    MONTAGE DE PHOTOS récentes montrant des détails de la station.
  En haut : la partie bâtie et le rail sur lequel les bennes faisaient demi-tour.
  Au milieu : à gauche, une benne venanr d'arriver dans la station ; à droite, le support de cette benne, posé sur le rail (il manque le levier qui commandait le fonctionnement de la machoire par laquelle la benne s'accrochait au câble).
   En bas : à gauche, la sortie de la station, où le rail met les bennes en position de s'accrocher au câble ; à droite, le chariot (chargé de cailloux) de mise en tension du câble (on voit le rail incliné sur lequel il roulait sur une des photos anciennes de la page consacrée aux installations minières de l'Hôpital de Parzan).
 

                                       
    Depuis l'arrêt de la station en 1928 des bouleaux ont poussé à travers la structure métallique du chariot, en particulier la grande poulie sur laquelle passe la boucle du câble (photo de M. Louis de Pazzis : voir les tois dernières photos de la page).

                                                                               
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  2. Les pylônes, le câble et les bennes 

                                                                                 
    PHOTO d'une benne
du câble aérien, qui n'a pas bougé depuis 1928, date à laquelle le câble a cessé de fonctionner. Au fond, le port d'Héchempy (ou port de Salcorz). Le poids des bennes était : à vide 110 kg, en charge 385 kg. Leur capacité était de 142 l.


            
   
Les bennes qui descendaient ont encore leur chargement de minerai.
 

                               
   Un des pylônes du câble aérien, sur une crête, dans la forêt. Le chemin des mines Luisa passe au pied de ce pylône.
 

            
    Détail de la partie supérieure du pylône. Construit, au début des années 1910, par assemblage de pièces métalliques transportées à dos de mulet, ces pylônes ne sont pas trés différents, dans leur principe, des pylônes des remontées mécaniques des stations de ski actuelles. Le câble est en boucle, avec une moitié descendante (à gauche) et une moitié montante (à droite).


            
    Vu au téléobjectif d'un pylône plus important que les autres, permettant au câble de franchir un éperon entre deux
vallons
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  MONTAGE DE PHOTOS montrant le câble :
  - en haut : ses parties descendante et montante, portant toutes les deux une benne, franchissent un épaulement sur un pylône ;
  - en bas, à gauche : un des éperons rocheux franchis par le câble.
   Au fond, de l'autre côté de la vallée du rio Barrosa, le pic Marty Caberrou (ou Salcorz), au-dessus des "Planas d'Abaixo". Derrière lui, à gauche, pointe le pic Garlitz ;
  - en bas, à droite : le câble a un diamètre de 24 mm, et comporte 6 torons de 7 fils chacun, autour d'une âme de chanvre. Cette âme de chanvre était imprégnée d'huile et il semble que sa fonction ait été d'empêcher la rouille du câble.
  Le câble se déplaçait à la vitesse de 2 mètres par seconde (soit 7,2 km/h).
 
  On peut se demander comment ces câbles, aussi longs, et lourds (2,3 kg par mètre), étaient mis en place dans ce terrain accidenté.
  Selon un bon connaisseur de cette technologie (Jean Rudelle, auteur d'un site consacré à des mines de fer aveyronnaises) des tronçons de câble, de quelques centaines de mètres en général (voire plus d'un km), étaient portées à dos d'homme par des ouvriers répartis le long du tronçon en file indienne, ou à dos de mulets, puis reliées par des épissures pour former le câble définitif. Cette technique de liaison (sertissage, encore utilisé dans les stations de ski) était parfaitement au point et n'augmentait pas le diamètre du câble et ne le fragilisait pas. Les premiers tronçons posés servaient à véhiculer les suivants.
    (ci-contre, photo d'un transport de câble aux mines de Pierrefitte, figurant dans les archives de Michel Parrou, illustrant un article de Philippe Vivez,
Le mythe des mines pyrénéennes, eldorado ou descente aux enfers, paru dans la revue Pyrénées, n° 199, 3-1999, p. 273 à 287).
  On peut imaginer un autre processus (a-t-il été utilisé ?) : mise en place d'un câble léger, facilement transporté à dos de mulet, utilisé ensuite pour mettre en place uncâble plus lourd pouvant servir à poser le câble définitif.
  

    

                                                                           
     *
  
3. La station supérieure

                       
    Vestiges de la station supérieure du téléphérique, aux mines Luisa (2420 m), sur le versant est du pic Liena.
    Le câble, qui était entrainé par la roue qu'on voit au premier plan, mue par un moteur électrique, est toujours là. Le pylône le plus proche de la station (qu'on ne voit pas sur la photo) a été en revanche abattu par la neige.
    Un des montants de la station porte la mention "Aciéries de Longwy" (photo à droite).


           
   Vue du système de poulies sur lequel circulait le câble à l'entrée et à la sortie des bennes de la station supérieure.
   A l'arrière-plan, l'arête est du pic La Mota. (photo Jean-Jacques Héran)

 

             
   Autre vue du ystème de poulies sur lequelles circulait le câble à l'entrée et à la sortie de la station supérieure. Le câble est à terre, avec deux bennes. Il existait probablement dans la station supérieure un mécanisme analogue à celui de la station inférieure, faisant transiter les bennes sur un rail (également à terre) pour permettre leur remplissage. Deux bennes sont à terre, dont on voit, à droite, le système de fixation sur le câble de l'une d'elle.
   Au loin, juste à droite des poulies, les pics Garlitz et de Marty Caberrou (ou Salcorz).
 

           
   
Sous la station supérieure, qu'on voit en haut de l'image, le premier pylône s'est effondré.

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   Vue de la partie de la station supérieure où se situent le système de freinage qui s'exerce sur le câble par l'intermédiaire d'un cylindre solidaire de la grande poulie horizontale de renvoi du câble. (photo Jean-Jacques Héran).


              
    Système de freinage vu de près. Il était nécessaire quand le poids des bennes pleines accélerait trop la descente de la moitié descendante du câble chargée des bennes pleines, ou pour régler l'espacement des bennes sur le câble.
 

             
   
Les engrenages de la station. En bas, le type d'engrenage qui a inspiré le logo de la marque Citroën.
 

             
             
             
    Trois PHOTOS du mécanisme complexe de la station supérieure du câble transporteur des mines Luisa, comportant notamment, outre un système de poulies, le système de freinage et le moteur entraînant le câble. Moteur d'appoint car le déplacement du câble ne nécessitait pas une énergie importante, le poids des bennes pleines y suffisant en grande partie.
    Ces constructions en métal résistent mieux aux intempéries que les constructions en pierre : en effet dans l'air sec de la montagne la couche de rouille superficielle protège en profondeur le métal de la corrosion. Les parties métalliques séjournant longtemps dans une atmosphère humide, par exemple dans la neige, peuvent cependant finir par être corrodées entièrement, mais au bout d'un temps de l'ordre du siècle
   (source : un article de Philippe Vivez, Les chemins de fer aériens des mines de Pierrefitte (Hautes-Pyrénées), paru dans la revue Lavedan et pays toy, n° 32, spécial 2001).

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   4. Un pylône abattu                                         

       
   Un des pylônes les plus haut situés a été abattu et plaqué au sol, tel un paquet de nouilles. Les câbles restent en l'air, mais à 1 ou 2 mètres du sol.
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   Une de ses poutrelles a été sectionnée au ras du socle du pylône.
 

       
   Son système de poulies git dans l'herbe en haut de la pente.   
     

       
   Quelques mètres au-dessous du pylône abattu,la pince de fixation au câble d'une benne reste fermée sur le câble, mais à l'envers et la benne proprement dite a été arrachée à son support.
 

       
   La PHOTO montre, derrière l'auteur du site (qui a les pieds sur le pylône), les deux moitiés du câble, et, au deuxième plan, sur la moitié ascendante, la même pince à l'envers, et le support de la benne, plus ou moins tordu, auquel la benne a été arrachée. Ce support est en position oblique vers l'aval, et non en position tout-à-fait verticale, ce qui ne peut s'expliquer que par le fait qu'il a fait un tour (ou deux demi-tours) presque complet autour de son axe, l'axe du levier et du ressort de celui-ci empêchant la position parfaitement verticale.
   Les SCHEMAS illustrent :
  - en haut, la rotation de 120° qu'a subie le chariot autour du câble (et du câble lui-même s'il est resté solidaire de celle-ci) et les rotations subies par le support de la benne autour de son axe ;
  - en bas, l'hypothèse selon laquelle on peut tenter d'expliquer ce qui s'est passé, à savoir celle d'une avalanche de neige poudreuse dont on connait la vitesse et la puissance d'impact. C'est peut-être
une telle avalanche qui a abattu le pylône voisin (à noter qu'un vent froid et humide peut recouvrir les pièces métalliques d'une carapace de givre : ce qui peut décupler la prise au vent et à la neige du pylône au point de l'arracher), et dont l'impact sur la benne a pu provoquer, outre son arrachage, les rotations de son support, ainsi que celle de la pince autour du câble. Il est probable que les câbles ont été fortement malmenés.
   
   


   VOIR  AUSSI
  
- des pages spéciales, consacrées
        . au
pic Liena, décrivant son ascension par le chemin qui monte de l'Hôpital de Parzan aux mines Luisa ;
        . à un
projet de câble aérien entre le pic Liena et Gèdre ;
       
 . aux
mines du pic Liena ; 
        . au
mécanisme de fixation des bennes sur le câble aérien des mines Luisa ;

  - d'autres pages de photos, consacrées
        . au
"chemin Luisa" qui monte aux mines du même nom et permet de voir de près ce câble ;
       . à la
station d'angle qu'il comporte ;
       . aux
mines de Mallo Ruego, et aux câbles aériens en général ;
       . à la station supérieure du
câble aérien de la vallée de La Gela.

   


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  Page de photos mise à jour le 19 février 2017.