Photos :
page de photos 9-9
                                                                    
  
Vallées de La Gela, de Saux, de Badet et du rio Pinara : la muraille de Barroude
     
  Photos de Lucien Briet
 
(Musée Pyrénéen de Lourdes) :
photo 3 , La muraille de Barroude

     30 juillet 1897                                    "Cirque de La Géla"

   Vue prise par Lucien Briet le matin, aprés la nuit passée dans une des cabanes de la vallée de La Géla, au cours de la montée vers le balcon de Barroude (à gauche).
   C'est le meilleur moment pour contempler la muraille de Barroude (qui "barre" la vallée de La Géla) : lorsqu'elle est déja éclairée par le soleil, alors que le fond de la vallée est encore dans l'ombre. On comprend qu'elle ait impressionné la sensibilité de Lucien Briet, et donc ses plaques photographiques, comme elle avait impressionné Henry Russell lorsqu'il l'avait découverte en juillet 1874 ("[...] cirque fantastique [...]. Murailles de marbre à pic, lisses comme l'acier, hautes d'au moins 500 mètres, et longues d'une demi-lieue ! ", écrit-il dans Souvenirs d'un montagnard).
   A droite du milieu de la photo : la dent schisteuse du pic Gerbats (2904 m), au-dessus de la falaise de calcaire dévonien blanc, cet ensemble appartenant à la nappe de charriage, alors que le soubassement sombre appartient au "socle".

     (voir aussi, dans une page annexe, d'autres photos de Barroude, de Lucien Briet)

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    PHOTO récente prise du même endroit, un peu plus tôt après le lever du soleil.
    Lucien Briet, lyrique, écrit : "[...] la grande muraille, sous les pâles caresses de l'aube simulait un de ces fantômes que l'imagination des poètes et des mythologues embusque au coin des passes extraordinaires [...].

   C'était, dans la splendeur matinale [...], une falaise de marbre, blanche, ou plutôt rose thé, avec des reflets de vieil ivoire, régulière quoique formidable, arquée comme un front de bandière se développant. Elle ressortait sous un chaperon de schiste sombre, d'autant plus vive, d'autant plus poignante, que le soleil n'éclairait qu'elle. On eût dit un rempart magique, tout à coup surgi devant un chevalier, en lutte contre des enchanteurs. Le pic Gerbats, hardiment campé, servait d'aigrette à ce bandeau digne de couronner Cybèle.".

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  Les couleurs changeantes de la muraille de Barroude : elle est ici vue, un peu avant le lever du soleil, du pic de Barrosa. C'est peut-être plutôt ça, le "rose thé".

        
  Egalement du sommet du pic de Barrosa, vue sur la muraille de Barroude un peu après le lever du soleil.

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    De l'herbe, des fleurs, des vaches, et au-dessus, des "barres" rocheuses (le Pichous de Barroude, sombre, à gauche, et, plus haut, la longue muraille de Barroude, plus claire, coiffée du pic de Gerbats, en forme de sphinx) : c'est la vallée de La Géla.

 
                                    
    Vue prise du balcon de Barroude : coup de projecteur sur la muraille qui le domine. A droite, assombrie par un nuage, empanachée par un autre, la dent du pic Gerbats. Le sommet de ce pic est constitué de schistes, alors que le reste de la muraille est taillé dans le calcaire dévonien de la nappe de charriage. Le plan de chevauchement de la nappe sur le "socle" se situe au pied de la muraille, dans les éboulis, au ras du balcon de Barroude.

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    La pleine lune disparaît derrière la muraille (L'auteur de cette photo est Mariano ; elle foit partie d'une série de photos illustrant dans son site de topos (http://www.topopyrenees.com) la page (cliquer ici) consacrée à un circuit à partir de la vallée de La Géla passant par le pic Barrosa et le pic de Port Vieux.[l'auteur du présent site le remercie pour lui avoir permis d'y insérer cette photo]).
 

        
   L'"oeil de Barroude" : une curieuse sculpture dans le calcaire de la muraille, qui regarde la vallée de La Gela.
   Au-dessus, le "sourcil" est formé par le "chaperon de schiste sombre" (Lucien Briet) qui forme la crête de la muraille, ici au sommet du pic Heïd (3022 m.) (photo de Philippe Villette : merci d'avoir autorisé son insertion dans le site).

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 Du sommet du pic de La Géla, vue (avec calque explicatif ci-contrre) sur la muraille de Barroude, ainsi que sur le port et le balcon de Barroude, avec ses lacs et son refuge (voir aussi la page de photos consacrée au port de Barroude).
 
   Mis à part sa crête de schistes sombres, la muraille est presque entièrement constituée de calcaire clair, massif, du Dévonien inférieur, plus ou moins métamorphisé en marbre. Ce calcaire mérite bien ici le nom de "Dalle" que lui donne les géologues. On retrouve cette "dalle" en bien d'autres endroits des Pyrénées, notamment dans la face nord du Vignemale.
   Dans la base de la partie sud de la muraille le calcaire est assombri par son mélange avec des "pélites sombres", c'est-à-dire un sédiment argileux métamorphisé proche de l'ampélite.


   
          
    Autre photo de la muraille de Barroude, prise du sommet du pic de La Géla, le 15 août 2009, où on voit aussi, à droite, le pic Gerbats (derrière lequel se profile le massif du Mont Perdu), et où on distingue mieux les différentes roches dont elle est constituée.
   (l'auteur de cette photo est Jean-François Lairez ; elle est extraite de son site photographique http://www.jflairez.fr où on peut voir de nombreuses et très belles photos des Pyrénées ; l'auteur du présent site le remercie pour l'avoir autorisé à y insérer celle-ci).

  (VOIR AUSSI une belle photo en noir et blanc de Didier Sorbé, de la muraille de Barroude, prise des abords du sommet du pic de La Gela, figurant (au frontispice du rexte de Olivier Delord) dans le livre "Ouest/Pyrénées/Est. Traversée à 4 voix", par Didier Sorbé, Marc Girard, Olivier Delord et Jean-François Labourie, éditions Le pin à crochets, 2014)

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   Photo de la muraille de Barroude (à droite ; le port de Barroude est à gauche), l'hiver, prise du sommet du pic de La Gela, gravi à skis de randonnée depuis la station de Piau-Engaly et par la hourquette d'Héas, le 13 mars 1990.
   Sur la crête de la muraille, de gauche à droite : pic de Troumouse (3085 m.), Pic Heïd (3022 m.), Petit pic Blanc (2957 m.).

                                                                              

              
  La muraille de Barroude vue de la crête entre col de l'Aiguillette et Hourquette des Aiguillettes, par-dessus la vallée de La Géla noyée dans la brume.

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    Vue de la muraille de Barroude prise des bords du grand lac de Barroude, près de son déversoir, en automne. Y sont bien visibles les "pélites sombres" (roche voisine de l'ampélite), qui assombrissent le calcaire, à la base de la muraille.
    A droite, le Petit pic Blanc de Troumouse (2957 m) et son arête nord, dite aussi "éperon central de la muraille de Barroude" , dont l'ascension n'est pas trés difficile et serait agréable si le rocher n'était pas pourri dans sa partie inférieure (noirâtre), correspondant à ces pélites, alors qu'en haut il s'agit de calcaire compact (course n° 311 dans le guide Ollivier, Pyrénées centrales II, p. 295, cotée AD sup.).
    A gauche de l'arête nord du Petit pic Blanc, le couloir correspond à une faille.

    A gauche du milieu de la photo, le pic Heïd (3022 m).
   

                  
  
 Le grand lac encore au soleil, au pied de la muraille déjà dans l'ombre, en fin d'aprés-midi
 
(à propos de lac, donc de pêche, voir, à partir de la page Liens, les sites n° 29 et 30).
                          
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   La muraille de Barroude ne pouvait que tenter les grimpeurs. Ce fût le cas en particulier des frères Jean et Pierre Ravier qui y ont ouvert des voies d'escalade entre 1952 et 1988, et de Raymnd Despiau en 1973 et 1974, en compagnie d'autres grimpeurs : cliquer ici  pour ouvrir un CROQUIS situant les tracés de ces voies dans la muraille et précisant leurs auteurs.
   (voir :
      - revue
Pyrénées n° 237, janvier 2009, Barroude : deux siècles de conquêtes, par Philippe Barrère, pp. 9-28
      -
Jean et Pierre Ravier, 60 ans de pyrénéisme, éditions du Pin à crochets, pp. 105-107)
   
   Ces voies ont fait l'objet de topos dans le guide Ollivier bien sûr (Pyrénées centrales, II, dans les pages 291 à 296), mais aussi dans des revues. En voici deux exemples illustrés par des photos :

                                      
    Des itinéraires de voies d'escalade ouvertes dans la muraille de Barroude sont indiqués par des pointillés sur cette photo de Maurice Heïd datant de 1912
(extraite de la Revue Pyrénéenne, n° 47, septembre 1989, p.9, illustrant un article de Jean et Pierre Ravier, "Du Bisaurin à la Pique d'Estats, continuité pyrénéiste", 1984-1988, Première partie) :
   - face est du Gerbats : première ascension (et premier itinéraire ouvert dans la muraille) par Xavier Defos du Rau, Jean et Pierre Ravier, le 14 août 1952 (course n° 310 dans le guide Ollivier, Pyrénées centrales II, p. 293, cotée AD) ;
   - ressaut sommital de la face est du Gerbats : première ascension par Paul Bouchet, Jean et Pierre Ravier, le 17 juillet 1970, cotée D+ ;
   - face est directe de La Géla : première ascension par François, Jean et Pierre Ravier, le 31 octobre 1988 (escalade "fort belle et sans grosses difficultés", sur du rocher d'excellente qualité, malgré les apparences).
Le 22 août 1960, Jean et Pierre Ravier,avec Françoise Rouzaud, avaient gravi le couloir de Barroude (course n° 315a dans le guide Ollivier, cotée AD).

        
   Du port de Barroude, autre vue (vers l'ouest) sur la muraille de Barroude entre le pic Heïd à gauche et le pic Gerbats à droite. Au milieu : le petit pic Blanc de Troumouse.
   A gauche de son arête nord le couloir encore enneigé correspond à une faille le long de laquelle le compartiment droit (nord) s'est décalé vers le haut par rapport au compartiment gauche.

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    Raymond Despiau et Jacques Athanase ont ouvert , les 11 juillet 1973, la"voie centrale de la paroi du lac" à la Pointe 3028 (entre le pic Heïd etle pic de Troumouse), paroi dont Jean et Pierre Ravier avaient réussi la première le 1er août 1962, en 9 heures d'ascension, par une voie plus à gauche (course n° 311b dans le guide Ollivier, Pyrénées centrales II, p. 296, cotée ED inf) (topo et photo extraits de la revue Altitude, n° 48, 1975, p.42 [le n° de l'itinéraire de descente dans le G.O. est 312 et non 212]) (note 1)

                                   
   (VOIR AUSSI :
    
- une page annexe de photos :
                  la muraille de Barroude vue par Philippe Queinnec

    
- la page consacrée au chemin des mines sur le versant français
    

     - ainsi qu'une page contenant des photos aériennes de l'
IGN.)

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   NOTES :
  1. Dans un article de la revue Pyrénées, n° 237, janvier 2009, intitulé "Barroude : deux siècles de conquêtes", pages 5-28, Philippe Barrère raconte l'histoire de cette région en tant que haut lieu du pyrénéisme.


 Page de photos mise à jour le 29 décembre 2016 .