Photos : page de photos : 13-5

     La "Ténarèse" entre la Garonne et la vallée d'Aure

  "Ténarèse" est le nom d'une ancienne voie de communication, de direction nord-sud, qui relie la vallée de la Garonne à l'entrée de la vallée d'Aure où son prolongement permettait la traversée des Pyrénées centrales par le port de Plan (carte ci-contre [note 1])

  Elle a une origine pré-romaine, mais la réputation d'être une "voie romaine", c'est-à-dire construite par les Romains, ou par les Gaulois mais réaménagée par les Romains (elle est actuellement goudronnée).
  Cette appellation est controversée : il n'existe pas de preuves formelles en sa faveur mais seulement des arguments de peu de poids, à savoir : cette réputation, son nom ("Ténarèse" et "Route de César" dérivent du bas-latin "itinerem cesarem"),
certains textes dont la traduction est discutable (note 2), son type de tracé, et des vestiges de chaussée dans certaines communes.
  Quoiqu'il en soit l'intérêt de cette voie est qu'elle faisait communiquer, dès l'époque gauloise, la vallée de la Garonne et les Pyrénées à travers, à l'époque gallo-romaine, la "Novempopulanie" (en gros la Gascogne actuelle), en particulier le prospère "pays des Convènes" (dont la capitale était Lugdunum Convenarum, actuelle Saint-Bertrand-de-Comminges), et qu'elle se prolongeait dans la vallée d'Aure (où elle perd sans doute son nom de Ténarèse) par une route ou un chemin fréquenté, qui, par le Rioumajou, donnait accès au port de Plan et par là au versant espagnol des Pyrénées centrales, et
à la vallée de l'Ebre par Ainsa (unissant ainsi les habitants de la vallée d'Aure et ceux du Sobrarbe).

   Son itinéraire (controversé lui aussi) est le suivant (voir une carte) :
  - il commence au nord, près d'Aiguillon, en aval d'Agen, sur les bords de la Garonne où elle prolongeait la voie venant du pays des Arvernes, au centre de la Gaule ;
  - entre le département du Lot-et-Garonne et celui des Hautes-Pyrénées la "Ténarèse" traverse la Gascogne par l'ouest du Gers (avec les trois subdivisions de l'Armagnac : la Ténarèze (qui lui doit son nom) au nord-est, le Bas Armagnac au nord-ouest, et le Haut Armagnac au sud-est). Elle passe par Lupiac où s'en détache une branche (pour certains ce serait la véritable Ténarèse) qui, par Eauze et Gabarret, relie ce village directement à Bordeaux.
  - elle aborde les Pyrénées et la vallée d'Aure dans la région de Capvern et Avezac.

   Dans sa plus grande longueur (au moins entre Ste-Maure de Peyriac et Capvern) elle se maintient constamment sur les hauteurs, suivant la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Garonne à l'est, où coulent notamment l'Osse et la Baïse, et celui de l'Adour à l'ouest. où coule le Bouès (à Sos, ancien oppidum romain, elle recoupe la Gélise, affluent de la Baïse). Elle évite ainsi les gués, les ponts (mais aussi les villes et les péages), comme le faisaient souvent, aussi, les chemins de la Gaule.

  (voir aussi :
  - une page consacrée à l'histoire du port de Plan,
  - et deux autres pages de photos,
     * l'une sur le prolongement de la Ténarèse dans la vallée d'Aure),

      * l'autre sur les environs de ce port.)
     

      
  
Le long de son tracé on trouve le nom "Ténarèze" (ou sa forme "Route de César") en plusieurs endroits :
  1. Dans le Gers, entre Lupiac (d'où se détache la branche de la Ténarèze qui gagne Bordeaux) et Peyrusse-Grande, à l'une des entrées de la forêt domaniale d'Armagnac (à l'aire de Boupeillac) on le trouve, sur un panneau, dans une carte sur laquelle un itinéraire pédestre, figuré en rouge, emprunte l'"ancienne Ténarèze" ;
  
2. A hauteur de Laas, au sud du Gers, à un carrefour où la Ténarèze coupe la route entre Mirande et Marciac, figure le panneau indiquant la "Route de César" ;
  
3. Un peu plus au nord, un panneau routier, près de Saint-Christaud, signale également la "Route de Cesar ou Tenareze" (sans accent) ;
 
 4. A Lalanne-Trie, à hauteur de Trie-sur-Baïse (un peu au nord de Vidou, nom qui serait composé des mots basques bide-os, qui signifient bon chemin), sur une table d'orientation, face aux Pyrénées, figure une carte où le n° 6 signale le "Chemin de César", l'antique "Tanarèze" (sic) ;
  
5. Le nom de Ténarèze figure aussi sur les bouteilles d'armagnac produit dans le secteur qui porte ce nom.

 

       
    A Barbaste, que traverse la Ténarèse, juste après Lavardac, dans le Lot-et Garonne, à une dizaine de km de la Garonne, vue sur le "Pont Roman" qui franchit la Baïse, au pied du moulin fortifié dit "Moulin d'Henry IV".
 

                             
    Entre Labarrère et Cazeneuve, à l'ouest de Montréal, la Ténarèse est bordée de platanes. Le plus souvent elle suit, sur les hauteurs, les sinuosités de la crête de partage des eaux, mais elle est parfois rectiligne, comme ici, sur quelques km.
 

       
   
Entre Labarrère et Lannepax la Ténarèse traverse le vignoble dit Ténarèse, qui a emprunté son nom à l'ancienne voie gallo-romaine, et qui est une partie du domaine de L'Armagnac.
 

       
    Vue vers le nord : entre Lannepax et Lupiac la Ténarèse serpente sur les hauteurs pour suivre la crête de partage des eaux entre le bassin de la Garonne à l'est (à droite) et celui de l'Adour (à gauche).

       
   
A Peyrusse-Grande, église romane de Saint-Mamet (au-dessous,extrait d'une affichette donnant, à l'entrée, des informations sur cette église).

       
    Au nord des Hautes-Pyrénées, à l'ouest de Trie-sur-Baïse, les Pyrénées, vers lesquelles la Ténarèse se dirige, barrent l'horizon au sud.

       
    Plus loin les sommets des Pyrénées se précisent : à droite de l'arbre on reconnait le Pic du Midi.
 

       
    Vue sur la Ténarèse, du moins la route qui emprunte son tracé, entre Bernadets-Dessus et Lutilhous, en direction de l'entrée de la vallée d'Aure qu'on aperçoit au fond.
 

       
    La route D 17, qui emprunte le tracé de la Ténarèse, à hauteur d'Avezac, pas loin de Labastide, peu avant d'entrer dans la vallée d'Aure.
 

   Voir aussi des pages de photos consacrées à une autre voie romaine : celle qui traverse l'Aubrac, entre Aveyron et Lozère (cliquer ici)

   


   Liste des pages de PHOTOS
                                  Haut de page
    Page d'accueil 


  NOTES :
  1. Partie sud-ouest de la Carte des voies romaines de la Gaule figurant dans le livre de E. Desjardins : Géographie de la Gaule romaine.

  2. César ne l'a sans doute pas parcourue lui-même mais en parle (selon une traduction peut-être discutable) dans la Guerre des Gaules, dans un passage consacré aux mouvements de l'armée de Crassus, son lieutenant, auquel il a délégué la conquête de l'Aquitaine.