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   LE SITE
   L'auteur
   
 
  Mon nom : Pierre Carrière. 
   
   Médecin cardiologue actuellement retraité, montagnard depuis longtemps, je suis membre du club de montagne toulousain " Les cadets de Toulouse " (Groupe Henry RUSSELL) (malgré son nom, il s'agit d'une association d'adultes) :
- son local se situe 15 rue Ste Anne, 31000 Toulouse (accés par la cour Ste Anne, derrière la cathédrale St Etienne)
- le responsable en est : Alain Pozo, 234, route de Bayonne ; téléphone : 05 61 49 47 21 ; e-mail alain.pozo@laposte.net ;
- l'adresse de son site internet est : www.kdtoulouse.free.fr
    C'est dans le cadre des activités de ce club (essentiellement : la randonnée pédestre en montagne, le ski de randonnée, et l'escalade) que j'ai réalisé la plupart de mes visites au cirque de Barrosa et aux vallées voisines, les courses décrites dans ce site, et la plupart des photos qui y figurent.


    Courrier :

                             

                      
                                                                 Etang dans le versant sud du Montlude.

                      
                                                                                     Un coeur de marbre...
                      ...taillé par un sculpteur, François Michaud, dans un bloc du marbre
rouge de Caunes-Minervois.


    Pourquoi tout un site web, et copieux, consacré au seul cirque de Barrosa ?
   C'est que ce cirque n'est pas seulemnt un beau cirque de montagne. Il présente l'avantage d'attirer l'attention sur plusieurs chapitres du passé des Pyrénées, à commencer par leur géologie.
  Pour l'auteur du site il existe ainsi 7 bonnes raisons de s'intéresser à ce cirque
peu connu du versant espagnol des Pyrénées :
  
  1- Un des plus beaux des Pyrénées, ce cirque a de quoi séduire les MONTAGNARDS.
   
Moins impressionnant que le cirque de Gavarnie il rivalise avec le cirque d'Estaubé et celui de Troumouse, auquel il est adossé. Accessible par la vallée de Bielsa ou le refuge de Barroude, il offre aux montagnards un large choix d'activités : balade sur les rives boisées d'un torrent de montagne, randonnée pédestre (dont la spectaculaire traversée du cirque par le "chemin des mines"), randonnée avec escalade peu difficile (par exemple le pic de La Munia par l'arête est du pic de Troumouse : une des plus belles courses de Pyrénées), escalade difficile, ski de randonnée, cascades de glace, canyoning (dans la gorge du rio Barrosa à hauteur de l'Hôpital de Parzan).
 
  2-
Singularité : il est traversé à mi-hauteur par les vestiges d'un extraordinaire CHEMIN MULETIER .
   
Insolite et intrigant, ce "chemin des mines" reliait, à travers le cirque, le port de Barroude (donc la France) au col d'Espluca Ruego, site remarquable où le chemin se trouve être de plain-pied avec le plateau de Liena facile d'accès. Dans les falaises sud et nord du cirque il a été aménagé et construit sur une corniche naturelle où son parcours vertigineux reste possible malgré sa dégradation avec le temps.
 
  3-
Or ce chemin, intimement lié à la structure GEOLOGIQUE du cirque, met en présence du mécanisme de la formation des Pyrénées et des montagnes en général.
   
Son aménagement a en effet tiré parti de l'existence dans le cirque de cette corniche naturelle située à la limite de ses deux étages, en haut la nappe de charriage dite de Gavarnie, en bas un "socle" sur lequel elle repose par un contact anormal. La muraille du cirque est une coupe nord-sud de ce chevauchement Le parcours du chemin fait ainsi toucher du doigt (ou du pied) le processus de chevauchement en cause dans la formation, par collision de continents, de beaucoup de montagnes, des Pyrénées en particulier. Il permet en outre d'observer les différentes roches du cirque : on peut parler d'un "chemin géologique", dans un cirque de grand intérêt géologique.
 
  4-
Comme son nom l'indique ce "chemin des mines" providentiel a facilité dans le passé l'exploitation de MINES de plomb argentifère dans les flancs du pic espagnol de Liena, proche du cirque.
   
Par lui passaient les ouvriers et le matériel venant de France, et peut-être les mulets transportant le minerai vers la France, avant que ce transport ne soit assuré, dans la première moitié du XXe siècle, par deux câbles transporteurs aériens audacieux, dont celui, bien conservé et méritant une visite, par lequel le minerai était descendu à la laverie de l'Hôpital de Parzan, au bord du rio Barrosa. C'est le témoin du dernier épisode de la longue et intéressante histoire minière de la région, riche également en mines de fer, et de l'exploitation minière des Pyrénées. Le chemin a aussi été utilisé par les habitants de la région comme chemin transfrontalier et pastoral.
 
  5-
L'" hôpital " de Parzan, aujourd'hui disparu, et le port de Barroude renvoient à l'histoire des RAPPORTS TRANSFRONTALIERS entre les habitants de la vallée d'Aure et ceux des vallées espagnoles des rios Barrosa et Cinqueta
.
   
Comme les autres hôpitaux ou hospices de la région placés au pied des ports frontaliers il servait de refuge aux voyageurs, en particulier aux habitants de ces vallées, qui, jouissant d'une large autonomie par rapport aux pouvoirs centraux, sont de tous temps, avant la construction des routes, passés de l'un à l'autre des deux versants, pour échanger des ressources agro-pastorales complémentaires sous la protection d'accords, dits " lies et passeries ", librement institués par eux. De ce point de vue l'histoire très ancienne de l'un de ces ports, le port de Plan, sur une antique voie de franchissement des Pyrénées centrales, est particulièrement intéressante.
 
  6-
Le cirque de Barrosa ferme la vallée de Bielsa dont l'histoire est marquée par un célèbre épisode de la guerre d'Espagne, dit "la BOLSA DE BIELSA".
   
La visite du cirque incite à s'intéresser à cette résistance acharnée de l'armée républicaine à l'avancée franquiste, pendant le printemps de l'année 1938, d'autant plus dramatique qu'elle a contraint à l'exode vers la France de 6000 civils espagnols, dans les neiges du mois d'avril, par le Port Vieux, très proche du cirque.
 
  7-
Il a sa place dans l'histoire du PYRENEISME français.
   
"Découvert" en 1877 par Franz Schrader, le cirque de Barrosa est resté longtemps mystérieux et peu fréquenté. Cependant il a été visité et photographié, au tournant des XIXe et XXe siècles, par Lucien Briet et Jean Bepmale, entre autres pyrénéistes. Il a émerveillé à cette époque les fréres Cadier, et plus tard les frères Ravier.  
   

   Malheureusement les documents historiques sont rares ou difficiles d'accés, et si je suis un montagnard, je ne suis ni géologue, ni historien. J'ai donc conscience de m'être aventuré imprudemment sur des terrains que je connais mal. Je me doute bien que ce site contient des erreurs, des simplifications abusives, ou des supputations injustifiées. Mais si je l'ai réalisé c'est aussi dans l'espoir, justement, de recueillir auprés d'internautes plus compétents ou mieux informés, des rectifications, des commentaires, des observations, et, en particulier, des informations supplémentaires sur ce " chemin des mines ", s'ils en ont ou s'ils savent où en trouver, ainsi que des appréciations sur la qualité du site, pour en tenir compte lors de mises à jour ultérieures. Je les en remercie à l'avance et leur promets une réponse.

                        
                                                                                Paul Klee.
Dans la carrière. 1913
                                                               Carrière de grès à Ostermundigen, près de Berne.


  
 Remerciments :
    
    Je remercie M.Philippe Vivez, passionné par l'histoire minière de la vallée de Bielsa, membre du Centro des Estudios del Sobrarbe, de Boltaña, pour les renseignements qu'il m'a apportés oralement. J'ai beaucoup utilisé ceux contenus dans les articles qu'il a publiés sur ce sujet (voir la bibliographie, dans la page Liens, bibliographie).
                                                        
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   NOTES :

  1. Le marbre rouge est à l'origine du calcaire déposé dans une mer à la période du Dévonien. Inclus dans l'édifice de la chaîne hercynienne formée dans la deuxième moitié de la période du Carbonifère il a ete métamorphisé en marbre parélévation de la température et de la pression. Il est encore exploité dans le rebord méridional de la Montagne Noire, près de Caunes-Minervois, au bord du bassin du Minervois daté du début de l'ère tertiaire, à l'époque éocène. La couleur rouge est due à la présence d'oxydes de fer liée aux des débris organiques contenus dans le sédiment initial. Il est veiné de blanc.