Courses
Le pic de Robiñera
(3003 m)
(Son nom a sans doute à voir avec
le mot robin [rouille]: c'est bien sa couleur. Son autre nom, plus ancien,
"Las Louseras", est lié aux lauses schisteuses de son versant
ouest).
1-
Par le cirque de Barrosa.
2-
Par la vallée de Chisagües et son arête
sud-est.
(voir
aussi une version imprimable).
1.
Par le cirque de Barrosa (N° 6
sur les illustrations).
| Accés
: par l'Hôpital
de Parzan. Intérêt : course intéressante ; ascension nettement plus belle et élégante par ce versant que par le versant ouest, agréable surtout en début de saison sur des pentes de neige. Dénivelée : 1553 m. Difficulté : course assez longue mais facile, malgré quelques pentes raides. Topos : aucun en français (sauf celui de Michel Sébastien, Sommets pyrénéens, p. 72, mais avec une carte qui ne parait pas être en accord avec le texte). |
A l'est du pic de Robiñera pointe un rognon rocheux (une antécime, surmontant une grande face de calcaire clair). Il est séparé du versant est du pic par un collet, au-dessus d'une selle neigeuse, bien visible du"dôme" : c'est par ce collet que passe l'itinéraire : voir la page de PHOTOS de la face est (vignette ci-dessous) où figure une photo avec calque explicatif indiquant l'itinéraire. Celui-ci est également parfaitement visible dans un vaste panorama pris du sommet de La Munia, signé Olivier Guix, pour lequel vous trouverez un lien dans la page La Munia.
ITINERAIRE
: Du fond du cirque
suivre l'itinéraire du pic de La Munia à droite du "dôme",
4 sur les croquis, ou sa variante à gauche
du "dôme", 4a (on peut aussi
monter directement du fond du cirque : voir une page
spéciale).
Le quitter au-dessus de la barre de rocher rougeâtre
coupée par trois cascades pour gagner par une traversée ascendante
vers le sud une large selle qui reste longtemps neigeuse (et qui était
autrefois occupée par un glacier crevassé : voir à
ce propos une page consacrée à un dessin
de F.Schrader), à la base des nervures du versant est du pic, et
au pied du collet.
Au fond de cette selle neigeuse, une pente courte
mais raide dans sa partie basale (rocher glissant ou pente de neige raide),
plus facile à gauche qu'à droite, donne accés à
ce collet.
De celui-ci remonter le versant est de la crête
sommitale soit directement (surtout s'il est encore enneigé), soit
en allant chercher plus loin une arête rocheuse facile.
Il ne reste plus qu'à parcourir la longue
crête sommitale presque horizontale (orientée N.-NO - S-SE, avec
deux points hauts dont l'un est le sommet proprement dit : 3003 m)
jusqu'au deuxième sommet, à son extrémité nord,
face à La Munia.
DESCENTE
: Elle
se fait par le même itinéraire.
PANORAMAS :
On trouvera des photos panoramiques à 360°,
prises du sommet du pic Robiñera, dans les sites suivants (cliquer
sur le nom du site pour accéder à la photo panoramique):
- Pyrénées
360
(splendide panorama) ;
- Pirineos
3000 (aller à la page 8 : c'est le 3e panorama en partant
du haut)
REMARQUES :
* On peut aussi, pour
gravir le pic Robiñera par son versant est, partir non plus de l'Hôpital
de Parzan, mais du refuge de Barroude (2377 m) : de ce refuge gagner
le port de Barroude (2535 m), descendre d'une centaine de mètres sur
son versant Barrosa pour atteindre puis parcourir la partie nord de la
corniche (2420 m) empruntée par le chemin des mines (intéressant
parcours horizontal pour lequel il faut compter une demi-heure ; voir la page
pic Liena où est
décrite la traversée du cirque), monter de cette corniche au
sommet du "dôme" en suivant le tracé du chemin
des mines. On y retrouve l'itinéraire indiqué ci-dessus.
*
Le pic Robiñera peut aussi être gravi par son arête
nord, depuis le col Robiñera (voir la page consacrée au
pic de La Munia). Les seules indications qui peuvent être données
ici sur cette arête sont les suivantes :
- elle a été gravie pour la première fois
le 6 août 1923 par J. Arlaud et P.Mengaud, mais ils n'ont peut-être
attaqué l'arête qu'aprés le grand gendarme caractéristique
qui en marque le début (bien qu'il soit question dans les Carnets,
tome
I, p.264, d'un
gendarme), et escaladé le seul ressaut terminal :"escalade courte
mais belle, 100 mètres de verticale".
- le 11 août 1982, Jean Ravier fait l'ascension du pic Robiñera
par son arête nord intégrale, à toute crête
depuis
le col (Revue Pyrénéenne, n°27, septembre 1984, p.10).
- dans Pyrénées
guide des 3000 m Luis Alejos indique, pour gravir le pic Robiñera
à partir du col Robiñera, un itinéraire inédit
(n° 119, p. 132) qui n'est pas précisément l'arête
nord mais se déroule en grande partie dans son flanc occidental (cotation
: PD, un ressaut en III).
Une photo (ci-contre) envoyée à l'auteur du présent
site par un pyrénéiste (Jean Llosas) indique un itinéraire
qui passe sous la paeoi rocheuse ouest pour monter à une hourquette
et de là gravir la pente ouest.
(voir une photo de l'arête nord dans la page
de photos consacrée au pic Robiñera).
Haut de page
2. Par
la vallée de Chisagües (ou
du rio Real), et son arête sud-est (N°
7 sur les illustrations)
| Accés
: par la route puis
la piste de la vallée
de Chisagües on accède,
à 4km de la "petite grange", à une cabane de
berger (ou un petit refuge) aux abords de laquelle on peut camper,
sur un promontoire, vers 2000 m. Intérêt : itinéraire pour gravir le pic de Robiñera autrement plus agréable que ceux qui, des lacs de La Munia ou des abords du col de Las Puertas, remontent les longs et raides éboulis schisteux croulants des versants ouest et sud du pic et lui ont donné son autre nom : Las Louseras ; beau parcours de crête au-dessus du cirque ; vue grandiose, notamment sur le massif du Mont-Perdu (note 1) ; course intéressante sur le plan géologique. Dénivelée : 1330 m de la petite grange; 1080 m du virage en épingle à cheveux ; 930 m de la cabane de berger. Difficulté : course peu difficile, malgré des pentes raides pour atteindre l'arête. Topos : aucun connu en français, sauf dans des revues consacrées aux Pyrénées ; sur internet voir un topo site de Philippe Queinnec (note 1). |
< CROQUIS
du flanc gauche de la vallée du
rio Real,
avec indication de l'itinéraire de l'ascension du pic Robiñera
par le plateau de Liena et son arête sud-est.
Haut
de page
ITINERAIRE
: De la piste, aux abords de la
cabane de berger, remonter le vallon du barranco de Ruego au pied de
la barre rocheuse oblique taillée dans le rebord calcaire de la nappe
de charriage. On traverse d'abord les ruines d'anciennes installations
minières ("mines de Ruego"). Plus haut on passe à
hauteur d'une galerie de mine qui se signale par des déblais
ferrugineux, puis d'un replat herbeux d'où s'échappe
le torrent.
Au-dessus, à l'extrémité
inférieure d'un pierrier qui s'étend au pied de la falaise descendant
du col d'Espluca Ruego, on trouve, vers 2330 m, une petite cheminée
(avec trois blocs coincés) permettant de franchir facilement un
point faible de cette falaise (on peut aussi escalader, à gauche, un
mur trés riche en larges prises : les brebis y passent).
De là une traversée ascendante,
d'abord dans le calcaire, puis dans les schistes, ensuite la montée
dans des
éboulis et une pente
mi-herbeuse mi-rocheuse, assez raide, font accéder à une
brèche échancrant le haut de l'éperon qui borne à
gauche cette pente.
De cette brèche on atteint facilement l'arête
sud-est du pic de Robiñera (au niveau d'un sommet secondaire dit "Punta
Sobresplucas" sur la carte Prames), d'où on domine, à droite,
le cirque de Barrosa. On suit cette large crête sans difficulté
(sauf une brêche qu'on peut contourner) jusqu'à l'arête
sommitale presque horizontale, aérienne, au bout de laquelle se situe
un de ses deux sommets, face à La Munia.
A signaler dans ce parcours quelques figures
géologiques intéressantes, dans les schistes, brun sombre
avec des stries colorées, parfois dans les grès et, au
sommet, dans les quartzites (voir
une page de photos).
Variante
(parcourue en janvier 2007 et préconisée à
juste titre par Philippe
Queinnec) :
- la falaise qui descend du col d'Espluca Ruego peut être
franchie facilement ("'mains à peine nécessaires")
plus bas que la petite cheminée ;
- aprés quoi on monte directement, dans le calcaire dévonien,
au sommet du pic (ou de la "Punta") d'Espluca Ruego
(2631 m), puis au pic Robiñera à toute crête : aprés
un petit col se présente un fronton à première vue rébarbatif,
en fait "plus sévère que difficile". Il est suivi
d'une portion assez aérienne ; ensuite "la crête est large
et sans histoires, si ce n'est une profonde brêche à contourner".
DESCENTE
: La
descente peut se faire, aprés le retour à l'endroit où
un long contrefort se greffe sur l'arête sud-est, par les pentes sud
du pic, à gauche (est) de ce contrefort, pentes raides, en soulane,
couvertes de gispet disposé, de façon caractéristique,
en touffes sur le rebord de petits gradins convexes. Elle se poursuit par
une traversée horizontale au bout de laquelle, aprés le contournement
d'un éperon, on retrouve la petite cheminée (cairns, et sentier
plus ou moins visible).
Mais une trés
intéressante solution (quoique un peu longue et difficile) consiste,
aprés être monté par cet itinéraire 7,
à descendre dans le cirque par l'itinéraire 6
ci-dessus jusqu'aux abords du "dôme",
pour prendre le chemin des mines et le suivre jusqu'au col d'Espluca Ruego
à travers la falaise sud du cirque, puis descendre à la cabane.
Haut de
page
| NB
: Pour compléter cette course une incursion facile et courte à
partir de l'itinéraire 7 (on
y passe si on revient par l'itinéraire 6 et la falaise sud) s'impose
au col d'Espluca Ruego (2493 m, environ
150 à 200 m au-dessus de la "petite cheminée").
Au pied de la magnifique "punta" du même nom (une "mini-Ansabère"
pour les frères Ravier), c'est un site remarquable à tous
points de vue : * au-dessus d'un abîme de 800 m, on y domine l'ensemble du cirque de Barrosa
; * c'est là que le chemin des mines, aprés avoir traversé le plateau, s'engage sur la vertigineuse corniche des falaises sud du cirque , pour traverser le cirque jusqu'au port de Barroude qu'on voit au loin ; * enfin c'est là que se dévoile le mieux la structure géologique de la région. (pour plus de détails voir les pages : Pic Liena et Géologie de la corniche ) |

Lafforgue,
et O. Domecq-Cazaux, photos de L.Fleury et L. Lafforgue ; il s'agit du récit,
complété par de nombreuses informations pratiques et illustré
par de splendides photos, d'une ascension hivernale (février 2008),
à pied, par l'équipe de Respyr, à partir du replat
de Pietramula (bivouac précédé d'un repas gastronomique,
au menu duquel figurait un "poulet à la ficelle") ; montée
par l'arête sud-est (itinéraire indiqué ici), descente par
la face sud ; les auteurs de l'article disent leur enchantement : "grande
course", "vraiment somptueuse", "ambiance
de haute altitude",
"cheminement élégant", "vue grandiose", "l'une
des plus belles de Pyrénées", etc.