![]() Les roches du cirque , et de sa région |
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Ce
sont des roches qui se sont formées, à partir de roches prééxistantes,
lors de la surrection de la chaîne hercynienne (vers -300 millions d'années),
puis ont été, avec celles qui ont été entre temps déposées
par la sédimentation, plus ou moins remaniées lors de la formation
des Pyrénées (vers -50 ma). La planche ci-dessous rappelle succinctement
les trois familles de roches qui apparaissent dans les conditions
les plus typiques, celles de la collision de deux plaques tectoniques,
avec amorce de la subduction de l'une d'elles).![]() Planche rappelant la classification des roches en 3 familles, et, succinctement, leur formation dans le cas de la surrection d'une chaîne de montagne par collision de deux plaques. |
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Les
roches du cirque sont les suivantes (en simplifiant et en ne parlant que
de celles qui sont le plus facilement reconnaissables par un géologue
amateur) :![]() |
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Dans le "SOCLE" : - des roches magmatiques plutoniques : |
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Le
GRANITE, principalement. |
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formé de grains, visibles à l'oeil nu, essentiellement de quartz, feldspath
et mica ; . dans une variété dite" granite de Bielsa ", grisâtre, mais jaune en surface ; . constituant l'étage inférieur du cirque dans ses parties sud et médiane (y compris le " dôme ", gros épaulement de granite), ainsi que le fond de la vallée du rio Barrosa, et la sierra de Liena (les aiguilles de son flanc nord abrupt sont taillées dans le granite, et son flanc sud, en plateau faiblement incliné, est également granitique, mais recouvert par du grès rouge dans sa partie sud). |
Une
DIORITE (ou une granodiorite) |
constituant, sur le versant français du port de Barroude, à l'est du balcon de Barroude, un petit massif (un " pluton ", enchassé dans les schistes) ; roche de la famille du granite, mais pauvre en quartz, blanchâtre (mais orangé en surface), qui forme un petit plateau traversé par le chemin des mines . |
. des roches métamorphiques : | |
Une CORNENNE | c'est-à-dire d'anciens schistes (roches se débitant en feuillets) recuits au contact du granite voisin lorsqu'il s'est mis en place à l'état fondu, et infiltrés par lui ; elle forme le "socle" dans la falaise nord du cirque, et la base du pic Barrosa, sous le grès rouge. |
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Des SCHISTES "bleus" ou "ardoisiers" |
se délitant en feuillets, plus ou moins intercalés de quartzites (grès métamorphisés : grains de quartz cimentés par du quartz), datant du Cambrien ou de l'Ordovicien, dans la région de Barroude, les vallées de la Géla et du rio Pinara, et la Sierra Pelada. |
. et des roches sédimentaires, en couverture du "socle" : | |
Des GRES ROUGES | .
ce terme regroupe : des grès ( grains de quartz, donc du sable,
soudés, ici, par un ciment argileux rouge), parfois à clivage
schisteux ; des pélites lie-de-vin (roche argileuse à
grains très fins), plus ou moins lités et friables ; et des
conglomérats (cailloux soudés par un liant argileux
rouge) ; . résultat du compactage de sédiments arrachés par l'érosion à la chaîne hercynienne, et déposés au Permien et au Trias, par des fleuves ou des coulées de boue, dans les dépressions de cette chaîne, sous un climat subtropical chaud et humide altérant fortement les roches de composition granitique, jusqu'à la formation d'oxydes de fer, dont l'hématite, responsable de la couleur rouge (comme dans les latérites actuelles) ; . formant le sommet du pic de Barrosa (d'où ils se prolongent sous le port de Barroude, et un peu dans la partie nord du cirque) et, en face, celui du pic Liena, dont ils couvrent une bonne partie de son flanc sud en plateau, jusque dans la vallée du rio Real ; . ces grès rouges et ces pélites ont pu favoriser le glissement de la nappe de charriage sur le "socle" (comme d'ailleurs les ampélites) : ces roches sont en effet en grande partie composées de minéraux dits " phyllosilicates " (du grec phulos, feuillet) qui ont, à l'échelle atomique, une structure en feuillets (mal liés entre eux), structure qui se retrouve à l'échelle macroscopique (on peut faire un rapprochement avec le talc, qui est aussi un phyllosilicate, et le graphite, dont les atomes de carbone sont aussi arrangés en feuillets, et qu'on trouve d'ailleurs dans les ampélites) . |
Du CALCAIRE | .
donc une roche essentiellement formée de calcite (carbonate de
calcium) d'origine biochimique : résultat de l'accumulation
sur des fonds marins peu profonds de squelettes et de coquilles
d'organismes aquatiques, soudés par des cristaux de calcite ; . formant une mince couverture (quelques mètres d'épaisseur) blanche à la surface du "socle", sous la nappe de charriage : c'est ce qui reste de la masse de sédiments calcaires déposés au Crétacé supérieur moyen dans la mer qui recouvrait alors la pénéplaine post-hercynienne, sédiments dont le plus gros a ultérieurement glissé vers le sud lors de la surrection des Pyrénées, pour former le massif du Mont Perdu ; . cette mince assise est bien visible (de loin sous la forme d'un fin liseré blanc) dans la partie nord du cirque où elle constitue comme un dallage, blanc, pour le chemin des mines, au pied de la falaise noire d'ampélites ; on la retrouve au sommet du "dôme", et sur la crête de la sierra de Liena (à proximité du col d'Espluca Ruego et sous la klippe du sommet). |
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Dans la NAPPE DE CHARRIAGE, où elles sont toutes d'âge primaire, et métamorphiques |
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Des AMPELITES | .
roches schisteuses, noirâtres ou violet foncé, dérivées
d'argiles riches en matières organiques, d'où leur richesse en
carbone sous forme de trés fines particules de graphite (qui laissent
les mains noires) ; elles étaient anciennement utilisées
pour traiter la vigne (ampelos en grec) . datant du Silurien ; . la faible cohésion de beaucoup de leurs bancs et leur délitement facile expliquent les reliefs émoussés de la région du port de Barroude ; . elles forment une couche presque continue juste au-dessus du contact de base de la nappe de charriage dont elles ont favorisé le décollement puis le glissement (rôle de lubrifiant : on parle de "couche-savon") : on les cotoie longuement lorsqu'on parcourt le chemin des mines sur lequel elles tombent parfois en poussière ; . présentes surtout dans la parties médiane et la falaise nord du cirque, et dans les croupes du port et du Soum de Barroude. (pour plus de détails voir la page spéciale consacrée à cette roche) |
Du CALCAIRE (ou du marbre, c'est-à-dire du calcaire métamorphisé) | .
gris ou jaune pour sa partie la plus spectaculaire appelée "calcaire
de la dalle" par les géologues (ce banc a une grande extension
dans les Pyrénées, formant en particulier la face nord du
Vignemale) ; . datant du Dévonien inférieur ; . formant les falaises qui dominent la corniche de la partie sud du cirque, le "pain de sucre" d'Espluca Ruego, au col du même nom, et la falaise qui surplombe le plateau de Liena au nord-ouest ; tandis qu'au nord du cirque il forme l'assise claire qui se prolonge au nord dans la muraille de Barroude. |
Des SCHISTES, au sens large | facilement
délités en feuillets, . associés à du grès et des quarzites (grès métamorphisé : grains de quartz cimentés par du quarz) : . datant du Dévonien supérieur ; . formant les crêtes des pics de Robinera (avec des quarzites au sommet), d'où son autre nom de Las Louseras, ainsi que de La Munia, du pic de Troumouse, jusqu'au Gerbats (au-dessus des falaises calcaires de la muraille de Barroude). |
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