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   Le cirque de Barrosa est traversé par un extraordinaire chemin, dit
 " CHEMIN DES MINES"

  "Par cette route originale et hardie, nous voyons s'avancer, rapides, deux femmes et un homme. On nous a dit que des chevaux y passeraient sans peine".
         
Les cinq frères Cadier (qui ont croisé le chemin le 16 août 1902), dans "Au pays des isards".


 
 

    Il s'agit des vestiges d'un chemin muletier (et non d'un simple sentier), qui, venant des mines du pic Liena, traverse horizontalement le cirque de Barrosa entre le col d'Espluca Ruego et le port de Barroude, aménagé sur une corniche naturelle vertigineuse dans ses falaises sud et nord. Il relie ainsi ces mines à la France. C'est par ailleurs un véritable "chemin géologique".
  

   

   
"Chemin des mines" est le nom qu'on lui donne souvent dans la vallée d'Aure et les récits d'anciens pyrénéistes, mais le nom que lui donnent les espagnols est "Camino de las Pardas"
(photo ci-contre ; Las Pardas est le nom est aussi en Espagne celui de la "cabane des douaniers",de la falaise sud du cirque, et du col d'Espluca Ruego par où passe le chemin). Ce nom est peut-être lié à la couleur noirâtre de la couche géologique d'ampélite qui le surmonte et tient une place importante dans le cirque.
   "Camino Barrosa" est le nom qu'on trouve peint en rouge sur un rocher, associé à une flèche, sur le flanc nord du "dôme" (photo ci-contre).

   
    Ce chemin insolite intrigue : il soulève des questions auxquelles les documents, rares aux dires de ceux qui ont fait des recherches poussées, et les informations,
difficiles à recueillir, ne répondent pas. On est donc conduit à émettre des hypothèses à partir des constatations faites sur le terrain, sans savoir si elles sont valides. Cependant les récits de courses de pyrénéistes ayant visité le cirque de Barrosa à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, accompagnés de guides locaux et informés par eux, donnent des indications (note 1 ; voir aussi la page
Histoire du chemin des mines, où on trouvera d'autres citations de leurs récits).


   
*
 Il a vraisemblablement été aménagé et utilisé, au XIXe siècle, pour le transport vers la  France, à dos de mulet, à travers le cirque, sans perte d'altitude, du minerai de plomb argentifère extrait des MINES ESPAGNOLES DU PIC LIENA (note 1) avant la mise en service, au début des années 1910, des installations minières de l'Hôpital de Parzan et de ses câbles aériens. De toutes façons il était utilisé par le personnel de ces mines venant de France et pour le transport du matériel nécessaire à l'exploitation.
   
    Par cette page on a accès à :
   - un dessin qui détaille ces mines dans une page qui par ailleurs donne accés à des pages de photos consacrées, l'une aux mines du versant sud, l'autre aux mines du versant est.
   - une page qui illustre les installations minières de l'Hôpital de Parzan. Elle est à compléter par une page de photos, et une page contenant un extrait de l'ancienne carte  de Roussel
   -
2 pages de photos dont le câble transporteur aérien fait l'objet (l'une du câble lui-même, l'autre de la station d'angle qu'il comporte), à compléter par une page détaillant le mécanisme de fixation des bennes sur le câble.

                          
  
Ces deux ânes, avec leurs bâts en osier tressé, donnent une idée du transport du minerai en haute montagne au début du XXe siècle. Cette image est une carte postale de la maison Labouche de Toulouse.
   Elle est extraite du trés beau livre
Gens de Haute-Garonne
. Cartes postales de la maison Labouche. Texte de Claire Dalzin. Somogy éditions d'art, Paris, 2006, Conseil général de Haute-Garonne, service des Archives départementales de Haute-Garonne, 2006.
  
   *
 Dans les falaises du cirque son aménagement a tiré parti d'une CORNICHE NATURELLE dont  l'existence est étroitement liée à la structure géologique en deux étages du cirque, puiqu'elle se situe juste au niveau du plan de chevauchement de l'étage supérieur (la nappe de charriage) sur l'étage inférieur (le "socle"), ce qui fait de lui un "chemin géologique", peut-être unique (la page consacrée à ce sujet contient un schéma, reproduit ci-dessous, et une carte, qui disent l'essentiel sur le chemin des mines dans le cirque de Barrosa).
  
     
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  *
  On ne peut donc pas le parcourir , ou le décrire, sans parler géologie : une page en donne une DESCRIPTION GEOLOGIQUE.
   

   Elle est à compléter par une page expliquant la structure du chemin dans la
la falaise nord du cirque, et par des pages de photos du chemin sur le plateau de Liena (ou de Ruego), sur les flancs du "dôme" , dans la falaise nord (photos de Lucien Briet : voir ci-dessous), sous le port de Barroude et au port de Barroude

   
   *  
Son HISTOIRE est esquissée : il a aussi été utilisé comme chemin transfrontalier par les habitants des vallées, et on en trouve mention dans les récits des pionniers du pyrénéisme.
   
   En particulier le pyrénéiste et photographe Lucien Briet, qui a emprunté le chemin des mines lors d'une excursion en 1897 : une page contient son récit et donne accés aux photos qu'il a réalisées dans le cirque et la vallée de La Géla.
   Depuis sa rénovation en 2004 la traversée du cirque , par ce chemin des mines, est redevenue possible, tout en restant assez difficile.

  
                                    
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 Il se prolonge sur le VERSANT FRANCAIS DU PORT DE BARROUDE, dans la vallée de La Géla.
   
    Cette page donne accés à une carte, à une photo panoramique, à une page permettant d'ouvrir des pages de photos du chemin, et à deux pages de photos : l'une de photos de la vallée de La Géla, l'autre de photos du grand replat et des cabanes de cette vallée.

   *   L'existence de ce chemin, et celle de l'Hôpital de Parzan construit au pied du port de Bielsa et du Port Vieux, incitent à s'intéresser à d'autres chemins transfrontaliers et à d'autres hôpitaux : une page est consacrée à un des principaux ports des Pyrénées, une dizaine de kms à l'est du cirque de Barrosa, au fond de la vallée de Rioumajou, le PORT DE PLAN.

   *  Pour parcourir le chemin des mines dans la traversée du cirque de Barrosa, voir le topo "PIC LIENA ET TRAVERSEE DU CIRQUE"

   *  Bien que ne contenant pas d'informations sur le chemin des mines, deux pages d'histoire locale méritaient d'être associées aux pages précédentes, celles consacrées

       - à un épisode de la guerre d'Espagne, la "BOLSA DE BIELSA", page complétée par une page de photos de l'exode des réfugiés espagnols qu'il a provoqué, par le Port Vieux et la vallée de La Géla.
       - aux EVADES DE FRANCE, qui, pendant la guerre 39-45, ont traversé à pied les Pyrénées pour rejoindre par l'Espagne les forces alliées.

               

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   NOTES :
  
1. Par exemple un pyrénéiste français, le docteur Verdun, qui est passé par le cirque de Barrosa en 1903, avec un guide "fort connu dans la région [de Bielsa]", et deux hommes jeunes "connaissant bien ces parages", écrit dans le récit de cette course : "Sur les flancs de cette paroi, notre guide nous montre les restes d'un ancien chemin, construit à grands frais pour amener jusqu'au col de Barroude le minerai prélevé dans les entrailles du Pic de las Louseras. On aperçoit même, à quelques métres en cotre-bas du port, les ruines de l'ancienne cantine qui servait de logement aux ouvriers travaillant dans les mines". Il s'agit sans doute des mines de Ruego.
  L'étroitesse de la corniche dans son état actuel, après plus d'un siècle d'érosion, fait douter qu'on ait pu y faire passer des mulets chargés de minerai. Cependant la largeur d'une partie "témoin" de ce chemin dans la falaise sud et de sa partie bien conservée dans les pentes modérées du cirque, est bien celle d'un véritable chemin muletier, qui a pu être construit" à grands frais" dans ce but.

   Un autre pyrénéiste français, Bertrand de Lassus, faisant dans un manuscrit le récit (rapporté dans le livre de Jean Ritter, Le purénéisme avec Henry Russell et Bertrand de Lassus, p. 216) d'une excursion réalisée le 6 septembre 1892 au départ d'Héas, raconte qu'après avoir franchi les hourquettes d'Héas et de Chermentas, il "arrive ainsi bientôt en dessous du pic Gerbats qui me sépare de la région de Troumouse. Je me jette ensuite, dit-il, dans l'ancien chemin muletier des mines espagnoles de Ruego"
  
D'autre part, l'espagnol Lucas Mallada (cité par Philippe Vivez dans l'article à paraître Argent, plomb et fer dans les vallées de Bielsa et Chistau : chronologie des activités minières et métallurgiques de la protohistoire à nos jours, 2008) parle dans un livre (Description physique et géologique de la province de Huesca, Madrid, 1878) de l'enregistrement, en 1869, de la concession San Evaristo, à Monte Ruego, et dit que "jusqu'en 1870, on [y] avait extrait 3000 quintaux métriques de minerai. Les travaux consistaient en une galerie de 35 m de long, et plusieurs excavations au-dessus et au-dessous".
    
     
Il est donc possible que le chemin des mines ait existé déjà au milieu du XIXe siècle (au moins en 1869), desservant alors les mines de Ruego.