Le cirque de Barrosa est traversé
par un extraordinaire chemin, dit
"
CHEMIN DES MINES"
|
"Par cette
route originale et hardie, nous voyons s'avancer, rapides, deux femmes
et un homme. On nous a dit que des chevaux y passeraient sans peine". |
Il
s'agit des vestiges d'un chemin muletier (et non d'un simple sentier), qui,
venant des mines du pic Liena, traverse horizontalement le cirque de Barrosa
entre le col d'Espluca Ruego et le port de Barroude, aménagé
sur une corniche naturelle vertigineuse dans
ses falaises sud et nord. Il relie ainsi ces mines à
la France.
C'est par ailleurs
un véritable "chemin géologique".

"Chemin
des mines" est le nom qu'on lui donne souvent dans la vallée
d'Aure et les récits d'anciens pyrénéistes, mais le nom
que lui donnent les espagnols est "Camino
de las Pardas"
(photo ci-contre ; Las Pardas est le nom est aussi en Espagne celui de la
"cabane des douaniers",de la falaise sud du cirque, et du col d'Espluca
Ruego par où passe le chemin). Ce nom est lié à la couleur
noirâtre de la couche géologique d'ampélite qui le surmonte
et tient une place importante dans le cirque.
"Camino Barrosa" est le nom qu'on trouve peint
en rouge sur un rocher, associé à une flèche, sur le
flanc nord du "dôme" (photo ci-contre).
Ce chemin insolite intrigue : il soulève des
questions auxquelles les documents, rares aux dires de ceux qui ont fait
des recherches poussées, et les informations, difficiles
à recueillir, ne répondent pas. On est donc conduit à
émettre des hypothèses à partir des constatations faites
sur le terrain, sans savoir si elles sont valides. Cependant les récits
de courses de pyrénéistes ayant visité le cirque de Barrosa
à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, accompagnés
de guides locaux et informés par eux, donnent des indications (note
1 ; voir aussi la page Histoire
du chemin des mines, où on trouvera d'autres
citations de leurs récits).
*
Il a vraisemblablement été aménagé et utilisé,
au XIXe siècle, pour le transport vers la France, à dos
de mulet, à travers le cirque, sans perte d'altitude, du minerai de
plomb argentifère extrait des MINES
ESPAGNOLES DU PIC LIENA (note 1)
avant la mise en service, au début des années 1910, des installations
minières de l'Hôpital de Parzan et de ses câbles aériens.
De toutes façons il était utilisé par le personnel de
ces mines venant de France et pour le transport du matériel nécessaire
à l'exploitation.
Par cette page on a accès à :
- un dessin
détaille ces mines dans une page qui par ailleurs donne accés
à des pages de photos consacrées, l'une aux mines du versant
sud, l'autre aux mines du versant
est.
- une page illustre les installations
minières de l'Hôpital de Parzan. Elle est à compléter
par une page de photos,
et une page contenant un extrait de l'ancienne carte
de Roussel
- le câble transporteur aérien fait l'objet
de 2 pages de photos (l'une du câble
lui-même, l'autre de la station
d'angle qu'il comporte), à compléter par une page détaillant
le mécanisme
de fixation des bennes sur le câble.

Ces
deux ânes,
avec leurs bâts en osier tressé, donnent une idée du transport
du minerai en haute montagne au
début du XXe siècle.
Cette image
est une carte postale de la maison Labouche de Toulouse.
Elle est extraite du trés beau livre Gens
de Haute-Garonne.
Cartes postales de la maison Labouche. Texte de Claire Dalzin. Somogy éditions
d'art, Paris, 2006, Conseil général de Haute-Garonne, service
des Archives départementales de Haute-Garonne, 2006.
* Dans
les falaises du cirque son aménagement a tiré parti d'une CORNICHE
NATURELLE dont l'existence est étroitement liée
à la structure géologique en deux étages du cirque, puiqu'elle
se situe juste au niveau du plan de chevauchement de l'étage supérieur
(la nappe de charriage) sur l'étage inférieur (le "socle"),
ce qui fait de lui un "chemin géologique", peut-être
unique (la page consacrée à ce sujet contient un schéma,
reproduit ci-dessous, et une carte, qui disent l'essentiel sur le chemin
des mines dans le cirque de Barrosa).

Haut
de page
* On ne peut donc
pas le parcourir , ou le décrire, sans parler géologie : une
page en
donne une DESCRIPTION
GEOLOGIQUE.
Elle est à compléter par une page expliquant la
structure du chemin dans la la
falaise nord du cirque,
et par des pages de photos du chemin sur
le plateau de Liena
(ou de Ruego), sur les flancs du "dôme"
, dans la falaise nord (photos de Lucien Briet : voir ci-dessous),
sous le port de Barroude
et au port de Barroude
* Son
HISTOIRE est esquissée : il
a aussi été utilisé comme chemin transfrontalier
par les habitants des vallées, et on en trouve mention dans les récits
des pionniers du pyrénéisme.
En particulier le pyrénéiste et photographe Lucien
Briet, qui a emprunté le chemin des mines lors d'une
excursion en 1897 : une page
contient son récit et donne accés aux photos qu'il a
réalisées dans le cirque et la vallée de La Géla.
Depuis sa rénovation en 2004 la traversée
du cirque , par ce chemin des mines, est redevenue possible, tout
en restant assez difficile.
* Il se prolonge sur
le VERSANT FRANCAIS DU PORT DE BARROUDE,
dans la vallée de La Géla.
Cette page donne accés à une
carte, à une
photo panoramique,
à
une
page permettant d'ouvrir des pages de photos
du chemin, et à deux pages de photos :
l'une de photos de la vallée
de La Géla, l'autre de
photos du grand replat
et des cabanes de cette vallée.
Cette dernière page donne elle-même
accés à une page consacrée à un épisode
de la guerre d'Espagne, la "bolsa de
Bielsa", complétée par une page de photos
de l'exode des
réfugiés espagnols
qu'il a provoqué, par
le Port Vieux et la vallée de La Géla.
* L'existence
de ce chemin, et celle de l'Hôpital de Parzan construit au pied du port
de Bielsa et du Port Vieux, incitent à s'intéresser à
d'autres chemins transfrontaliers et à d'autres hôpitaux : une
page est consacrée à un des principaux ports des Pyrénées,
une dizaine de kms à l'est du cirque de Barrosa, au fond de la vallée
de Rioumajou, le PORT DE PLAN.
* Pour parcourir le chemin des mines dans la traversée du cirque de Barrosa, voir le topo "PIC LIENA ET TRAVERSEE DU CIRQUE"
Un
autre pyrénéiste français, Bertrand de Lassus,
faisant dans un manuscrit le
récit (rapporté
dans le livre de Jean Ritter, Le purénéisme avec Henry Russell
et Bertrand de Lassus, p. 216)
d'une excursion réalisée le 6 septembre 1892 au départ
d'Héas, raconte qu'après avoir franchi les hourquettes d'Héas
et de Chermentas, il "arrive ainsi bientôt en dessous du pic
Gerbats qui me sépare de la région de Troumouse. Je me jette
ensuite, dit-il, dans l'ancien chemin muletier des mines espagnoles
de Ruego"
D'autre
part, l'espagnol Lucas Mallada (cité par Philippe Vivez dans
l'article à paraître Argent, plomb et fer dans les vallées
de Bielsa et Chistau : chronologie des activités minières et
métallurgiques de la protohistoire à nos jours, 2008) parle
dans un livre (Desciption physique et géologique de la province
de Huesca, Madrid, 1878) de l'enregistrement, en 1869, de la concession
San Evaristo, à Monte Ruego, et dit que "jusqu'en 1870,
on [y] avait
extrait 3000 quintaux métriques de minerai. Les travaux consistaient
en une galerie de 35 m de long, et plusieurs excavations au-dessus et au-dessous".
Il est
donc possible que le chemin des mines ait existé déjà
au milieu du XIXe siècle (au moins en 1869), desservant alors les mines
de Ruego.