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 Le pic de Barrosa
 (2763 m)
           
     (Sur la large croupe qui se détache vers le sud-est de la crête frontière au Soum de Barroude, on trouve successivement deux bosses : c'est la première [2739 ou 2746 m] qui est appelée Pic de Barrosa sur les cartes, mais c'est la deuxième, plus haute [2763 m], à qui ce nom est donné ici).
  Nouveau : depuis le mois d'octobre 2015, la cabane de Barrosa, rénovée, située au fond du cirque à 1745 m. d'altitude et 1h. 15 mn de marche de l'Hôpital de Parzan, est maintenant  habitable : ouverte en permanence, elle offrre, entre autres, une douzaine de places de couchage sur un bat-flanc à deux étages (voir la
page qui lui est consacrée). Elle facilite les courses 1 et 2 passant par le fond du cirque.

   
       1- A pied, par le port de Barroude.
          2- A skis de randonnée.
          3- A pied par les mines de Mallo Ruego.
   
(voir aussi une version imprimable).

      1.  A pied, par le cirque, et le port de Barroude (2534m)  ( N° 1 et 2 sur les illustrations).       

Accés : par l'Hôpital de Parzan.
Intérêt : sommet peu spectaculaire mais trés beau belvédère, face au cirque de Barrosa et à la muraille de Barroude, et intéressant sur le plan géologique (voirla page
Parcours géologiques).
Dénivelé : 1313 m.
Difficulté : aucune; sommet trés facile : sentier, ou faibles pentes sur des croupes
caillouteuses.
Topos : Michel Angulo, Pyrénées III, Elkar, 1996, p.151, n° 437 (carte p.132) ; Raymond Ratio et Louis Audoubert, 50 balades et randonnées dans le Haut Aragon, Milan, 1995, p.76 ; Roger Büdeler, Pyrénées centrales espagnoles, de Panticosa à Bénasque, Rother, 2003, p.116 ; Joaquin Guerrero, Sobrarbe, Albada y Agencia Medio Ambiental Ibon, p.139.

                                                                   
 

   ITINERAIRE
 :
  A partir de la sorte d'esplanade qui surplombe les installations minières de l'Hôpital de Parzan et leurs déblais, la piste, carrossable (sur 1 km, mais difficilement pour les premiers 250 mètres en forte pente) depuis sa restauration en octobre 2005 , prend la direction de l'ouest (voir à cet endroit, à droite, dans la végétation, la station inférieure du câble aérien des mines Luisa) et remonte, sur la rive droite, l'agréable vallée boisée de Barrosa, en auge glaciaire, dominée à gauche par les aiguilles granitiques de la sierra de Liena. Il s'agit de la piste forestière par laquelle était transporté le bois utilisé pour étayer les galeries de mines.
   Aprés une rude montée et une partie horizontale, la piste passe (à 15' de l'Hôpital de Parzan) devant la ruine de ce qui était probablement la station inférieure d'un câble aérien descendant d' anciennes mines du flanc sud du pic Barrosa, vers 2200 m., dites "mines de Mallo Ruego". On peut camper entre le chemin et le torrent (Cliquer ici pour voir, dans un site faisant le récit d'une traversée des Pyrénées par la HRP (n° 22, ici, dans la page Liens) les pages (étape 20 et 21) consacrées au cirque de Barrosa, avec des photos)
   Plus loin (à 25' et 1,5 km de la route) le chemin passe sur le canal d'amenée, couvert par une voute maçonnée, qui dérivait l'eau du torrent vers la conduite forçée de la centrale électrique de l'Hôpital de Parzan.
   C'est ensuite un large (carrossable jusqu'à la traversée d'un premier couloir) et agréable chemin herbeux qui remonte lentement la vallée, bordé par des buis et des pins.
  A 40' il est coupé successivement par deux couloirs, à sec en été, par où des coulées de pierres, de granite d'un blanc éclatant, descendent de la sierra de Liena, mélées dans le premier à des pins fauchés par des avalanches. Cet endroit précède la base, sur la rive gauche, de la partie inférieure de l'éperon des Bachetas (dans le haut duquel on remarque un large dièdre aux parois lisses). C'est de là que les grimpeurs peuvent gagner la base de la partie supérieure de cet éperon.
   La faune est riche dans cette vallée : marmottes (introduites versant français elles ont colonisé le versant espagnol), et isards en particulier (voir à ce sujet : un article de Santiago Mendieta, sur le cirque de Barrosa, dans le n°89 de la revue "Pyrénées Magazine", p.38, et l'ouvrage de Joaquin Guerrero).
   A 45' de l'Hôpital de Parzan le chemin devient un sentier et, aprés avoir traversé un chaos de gros rochers, passe à hauteur d'une passerelle donnant accés, sur la rive gauche du torrent, à un lieu de camping idéal (sauf qu'il est inondable en cas de fortes pluies) (Juin 2013 : cette passerelle a disparu).
   Les pins se font rares et le sentier, qui cotoie le torrent et passe à proximité d'une source dans des rochers moussus, finit par atteindre (à 1 h.; après la traversée du ruisseau issu de la source) le fond plat et caillouteux du cirque (1700 m., à 4,5 km de l'Hôpital de Parzan), où la vallée, changeant de direction, s'oriente vers le nord.   

                                                           
                        Haut de page  

    Aprés la traversée du torrent (pas toujours facile en début de saison : voir la page consacrée à la cabane de Barrosa ; et la note 2) le sentier s'élève en larges lacets sur les pelouses de sa rive gauche, parsemées de blocs erratiques calcaires.On se trouve là sur une ancienne moraine glaciaire datant de l'époque de retrait des glaciers quaternaires
            (voir à ce sujet une page consacrée à ces
anciens glaciers).
   
    Il passe d'abord à proximité de la CABANE DE BARROSA, au toit en ciment (1745 m., à 5 km de l'Hôpital de Parzan), bâtie au-dessous d'un gros bloc rocheux erratique calcaire,
à 1 h.15.
   
   
Jusqu'en 2004
cette cabane a été inutilisable : elle servait d'abri aux vaches et son sol, boueux, était encomdré de blocs rocheux. Mais en juin 2005 des travaux de rénovation ont été entrepris : étancheité du toit assurée en principe par une couche de ciment, mise en place d'une fenêtre et d'une porte métallique à deux battants, sol (en ciment) nettoyé, aménagement d'une petite cheminée.
     Malheureusement le tirage de la cheminée s'est avéré très mauvais et surtout l'étanchéité du toit imparfaite (des gouttes d'eau tombaient à l'intérieur lorsqu'il pleuvait).
     Entre 2009 et 2015 les membres du club de montagne "Les Cadets de Toulouse" ont bénévolement et à leurs frais, avec l'autorisation de la municipalité de Bielsa, apporté un poële, des tables et des chaises, rétabli l'étanchéité du toit, réaménagé l'intérieur de la cabane, et mis en place un bat-flanc à deux étages.
   
 
     Cette cabane est donc maintenant, depuis le 5 octobre 2015, habitable : ouverte en permanence, elle offre, entre autres, une douzaine de places de couchage sur un bat-flanc à deux étages
(voir une page de photos consacrée à la cabane de Barrosa, en cliquant sur la vignette ci-dessus).
     
    
 Le sentier (il s'agit d'un ancien "bon chemin muletier" [les frères Cadier en 1902]) passe ensuite près des ruines d'un bâtiment, au pied d'un autre gros bloc rocheux calcaire erratique (ce qui reste des murs a 1 m. de haut ; sur la carte Alpina, figurent à cet endroit la mention "refuge de Barrosa" et sur la carte Prames la mention "Borda es machos").

     Cette ruine est située sur un promontoire,
       - qui domine une cascade en escalier dans un étroit couloir rocheux dont les bords la cachent en partie (il faut pour la voir descendre un peu, à l'aplomb du promontoire, dans des pentes herbeuses raides) ;

     
 - d'où on découvre, juste en amont, un relief arciforme limitant une pente régulière et égale d'un bout à l'autre, qui confirme, comme les blocs erratiques, l'existence, sous la pelouse, d'une moraine ; autre relief glaciaire (voir la page consacrée aux anciens glaciers) : la barre rocheuse qu'on apercoit au-dessus, en direction du port de Barroude, qui est un verrou glaciaire, franchie par une autre cascade.
     
     Plus haut (vers 2100 m) les lacets du sentier contournent par la droite ce verrou glaciaire, au-dessus duquel on découvre un vaste replat herbeux (agrémenté d'un laquet, autre vestige glaciaire). On peut y camper confortablement, sur une herbe épaisse. Au-dessus, dans la partie nord du cirque, dite "Barroseta", il décrit des lacets sur les pentes du versant ouest du pic Barrosa, d'où on peut contempler, en face, la falaise nord du cirque de Barrosa et détailler la très intéressante structure géologique que constitue un chevauchement.
  
    
     Le sentier gagne ensuite le large port frontalier de Barroude (2534 m) (2h. à 2h.30) (note 1). Peu avant, dans les derniers lacets, on trouve un panneau signalant le "Camino de Las Pardas" (c'est-à-dire le chemin des mines), qu'on repère dans la falaise proche, à la limite inférieure des ampélites noirâtres, et dont on peut aussi suivre la trace dans les pelouses qui montent vers le port.

     Du port on découvre la muraille et les lacs du balcon de Barroude (et son refuge, à une demi-heure de là).
  
  
   Vers le sud-est, par un sentier tracé sur de larges croupes caillouteuses, pelées
("nues comme le Soudan", Henry Russell), d'abord sur des ampélites sombres, violet foncé, délitées (un peu d'herbe apporte la touche de vert donnant à ces moutonnements une "couleur de bronze"), on atteint la bosse à peine marquée du Soum de Barroude (2674 m) (voir la page Parcours géologiques), puis, sur des cailloux de calcaire crétacé blanc, une deuxième bosse, et enfin sur du grés rouge (coiffé d'un peu de calcaire), le sommet du pic de Barrosa.
     Face au cirque il est un "observatoire grandiose : vue magnifique" (selon Henry Russell , qui parle peut-être du sommet du pic de Port Vieux voisin, mais le panorama n'y est pas très différent).

   
    Des PHOTOS PANORAMIQUES à 360°, prises du sommet du pic Barrosa, sont visibles dans plusieurs sites (cliquer sur le nom des sites pour les voir) :
  - Pyrénéisme (site d'Olivier Guix) ;
  - Les Topos Pyrénées par Mariano (on peut y voir aussi un panorama pris du Soum de Barroude) ;
  - Site de PierreJean Mounetou
.


      <   CROQUIS représentant la partie nord du cirque, et le versant sud-ouest du pic Barrosa.


  
  

DESCENTE :
elle emprunte le même itinéraire.

 
  
  REMARQUES :

    

    *
 Le port de Barroude peut aussi être atteint par la
vallée de la Géla et le balcon de Barroude, avec son refuge : voir la page Situation et accés du cirque).

    *  Proche du cirque de Barrosa, le PIC DE PORT VIEUX (2723 m.), à l'extrémité de la courte arête rocheuse qui, au nord du Soum de Barroude, se détache de la croupe qui relie le port de Barroude au pic Barrosa, fait face à la muraille de Barroude et surplombe la vallée de La Gela. Son ascension (qu'on peut ajouter à celle du pic Barrosa) est de ce fait très intéressante (voir la page de photos consacrée à ce sommet, notamment un dessin) et peut être réalisée de plusieurs façons, à partir :
  
   -
du port de Barroude
(1), accessible soit par le cirque de Barrosa, soit par la vallée de La Géla et le refuge de Barroude (2377 m.) : depuis la croupe qui du port monte au Soum de Barroude on gagne le sommet par le sentier qui longe les rochers de sa facile arête sud ;
    - du balcon de Barroude et de son refuge
(2) : à mi-hauteur du sentier du port on quitte celui-ci pour traverser vers l'est le chaos qui encombre la combe qui sépare le pic de Port Vieux du port de Barroude, et gagner ainsi, par un sentier en écharpe qu'on voit de loin, un long épaulement herbeux de l'arête nord-ouest du pic ; de ce magnifique belvédère on monte facilement au sommet par les rochers de la partie terminale de cette arête ;
   
   - du grand replat de la vallée de La Géla
(3): par l'ancien chemin muletier des mines de La Gela et du Port Vieux, on peut :
      * soit monter au
Port Vieux (2378 m.) (3a), puis au sommet par un sentier qui longe d'abord l'arête nord-est du pic, versant Pinara, puis s'en écarte pour emprunter une sorte de rampe, raide, par laquelle il monte sur cette arête et, par sa partie terminale, gagne le sommet ;
      * soit quitter ce chemin lorsqu'il traverse le
plateau qui se situe au-dessus des mines de La Géla (plateau qu'on peut d'ailleurs aussi atteindre en traversant la zone minière : voir la page de photos consacrée à ces mines) (3b), pour ensuite monter, à travers des éboulis et des pentes faciles, puis un sentier en écharpe, au "belvédère" de l'arête nord-ouest et de là au sommet.
  
  Si on rentre par le port et le refuge de Barroude, on réalise un trés beau circuit (voir la revue Respyr, n° 20, mars/avril, fiches techniques, p. 63-64). Ce circuit peut d'ailleurs être réalisé dans l'autre sens : voir une page (contenant de nombreuses et belles photos, ainsi que des liens pour une carte, un profil, Google Maps, Google Earth, une Trace Gps, et pour les impressionnants panoramas à 360° du pic Barrosa, du Soum de Barroude, et du pic de Port vieux, du site de Mariano )
    
   - du tunnel d'Aragnouet-Bielsa
(4), pour monter au Port Vieux
(voir les pages de photos consacrées au Port Vieux , au pic de port Vieux, au port de Bielsa et à la vallée du rio Pinara, et par ailleurs la revue Pyrénées Magazine, hors-série été 1992 : "Le port de l'exil", p. 57-59; et les sites Dumousseaux, Pyrénées Pireneo et Mes pyrénées).,
      * soit de son
entrée nord (dans la vallée de Saux,1820 m.) (4a) : on monte au col de l'Aiguillette (2517 m.) duquel, après une courte montée sur l'arête nord du pic de l'Aiguillette, on traverde horizontalement la face ouest de celui-ci par un sentier étroit sur une pente raide pour descendre ensuite sur le Port Vieux (on peut aussi passer par le sommet de ce pic) ;      
      * soit de son
entrée sud (dans la vallée du rio Pinara, 1665 m.) (4b) : depuis le parking qui jouxte celle-ci (en grande partie occupée maintenant par un bâtiment), on emprunte l'ancien chemin muletier qui monte au port Vieux par la vallée du rio Pinara
après être passé à la naissance de sa cascade, et duquel se détache, dans ses vastes pelouses, le sentier du port de Bielsa ; au lieu de monter au Port on peut d'ailleurs aussi obliquer à gauche pour monter, par les abords de l'ibon de Pinara, au Soum de Barroude par des pentes raides sous l'arête sommitale.
  Ce dernier itinéraire se prête d'ailleurs au ski de randonnée, pour gravir les pics de Port Vieux ou de Barrosa (voir la revue
Respyr, n° 25,mars-avril 2005, p. 26, et les sites Pyrène et Dumousseaux).

     
  

                                                                                  Haut de page                                                         

                                                                        
   2.
 A skis de randonnée,  par le cirque également    (N° 3 sur les illustrations).

L'accés et le dénivelé sont les mêmes que pour la randonnée à pied.
Intérêt : trés belle course de ski de randonnée ; descente directe, de 1000 m., dans le fond du cirque.
Difficulté et matériel : pentes raides dans l'itinéraire direct entre le fond du cirque et le 
sommet, où, à la desente, une neige de printemps est très souhaitble ; crampons et piolet utiles, couteaux indispensables si la neige est glacée le matin ; de plus, lorsque l'enneigement est abondant, cette course de ski de randonnée nécessite de bonnes conditions, non avalancheuses : en effet l'itinéraire coupe dans la vallée les déversoirs de plusieurs couloirs avalancheux de la rive droite, descendant de la sierra de Liena.
Période recommandée : de janvier à début avril.
Topos : aucun connu en français, sauf pour le port de Barroude par la vallée de Barrosa : Raymond Ratio, Ski randonnées II, Hautes-Pyrénées, Haut-Aragon, Atlantica, 2001, p.173; peut-être existe-t-il des topos espagnols ; de toutes façons l'itinéraire est simple. Sur internet voir le
site de Philippe Queinnec.

  ITINERAIRE :  Du fond du cirque on peut atteindre le sommet de deux façons :
 - soit par une montée directe, mais raide, surtout dans sa partie moyenne, avant et après un épaulement, puis entre deux barres rocheuses, avant d'atteindre les faibles pentes qui précèdent le sommet ;
 - soit en se dirigeant vers le port de Barroude, pour ensuite contourner dès que possible les barres de faible hauteur qui surplombent la première partie de cet itinéraire, et prendre, dans de faibles pentes, la direction opposée vers le sommet.
  
      
 
DESCENTE :
Pour la descente directe, s'orienter, depuis le sommet, vers le sud-ouest (en visant, en face, le pic de Robiñera) pour éviter des barres à droite et à gauche. La pente, d'abord faible, devient,
entre deux rognons rocheux, raide, rectiligne, soutenue (juste coupée par un épaulement), le long de l'arête sud-ouest (qui est peu marquée), jusqu'au fond du cirque : splendide descente de 1000 m, face à la muraille du cirque.
  
 (Philippe Queinnec, qui a réalisé cette course le 28 mars 2010, en passant à la montée par le port de Barroude, fait le commentaire suivant : "Quant à la descente, elle est magnifique, une impression extraordinaire de plonger dans le cirque, 1000 mètres au dessous. Mais on ne peut guère relâcher sa concentration, même sur le bas [...]. Un grand souvenir". Voir le topo correspondant, avec des liens pour des cartes, dans son site , et dans le site camptocamp).

    (nouveau : pour illustrer le ski de randonnée, on trouvera, au bas de la page courses, en note 2, l'accès à un diaporama sur l'ascension d'un sommet voisin du cirque de Barrosa, le Cotiella)                                      

                                                                             Haut de page

                                                               

     3. A pied, par les mines de Mallo Ruego (N° 8 sur les illustrations).
   
   Les mines de Mallo Ruego se situent sur le versant sud du pic Barrosa, au-dessus de la haute vallée du rio Barrosa
. Le plomb argentifère qui en était extrait, sans doute à la fin du XIXe siècle,descendait par un câble aérien dont témoigne encore une construction ruinée au bord du chemin du cirque, relayé par une glissière cachée dans la forêt au-dessus de l'Hôpital de Parzan. Mais les installations minières comportaient aussi un chemin muletier, entre les mines et la vallée, nécessaire au déplacement des hommes assurant l'exploitation des mines et la maintenance des installations, et au transport à dos de mulets du matériel et des vivres. Bien qu'il soit actuellement délabré et peu visible (comme celui des mines Luisa, au moins jusqu'en 2006), on peut suivre ses vestiges pour monter jusqu'aux mines, d'où on peut continuer sans problème jusqu'au sommet du pic Barrosa.

Accés : par l'Hôpital de Parzan, et la piste du cirque.
Intérêt : itinéraire rapide et original pour monter au sommet du pic Barrosa, permettant de suivre (comme dans un jeu de piste) les vestiges discontinus d'un vieux chemin muletier escarpé, et de visiter d'anciennes mines exploitées grâce à ce chemin et à un câble aérien, dans un vallon perché au-dessus de la vallée du rio Barrosa sur sa rive gauche ; en descendant sur le port de Barroude et le fond du cirque on réalise un trés beau circuit.
Dénivelé : 1230 m (si on part de la piste, 1288 si on part de l'Hôpital de Parzan).
Difficulté : aucune, si ce n'est, outre l'importance du dénivelé sur des pentes raides, la nécessité, surtout en bas, dans la forêt, de trouver les vestiges du chemin muletier, repérés grâce à ses murettes de soutènement. La traversée du rio Barrosa peut poser problème en début de saison, à la fonte des neiges, ou à la suite d'un orage.
Topos : aucun qui soit connu de l'auteur de ce site.

 <  CROQUIS représentant la face sud du pic Barrosa et indiquant l'itinéraire d'ascension qui passe par les mines de Mallo Ruego.

    ITINERAIRE
: Le départ se situe exactement à l'endroit (à 1535 m d'altitude) où la piste du cirque passe sur la voute maçonnée du canal de dérivation qui amenait l'eau du rio Barrosa à la conduite forcée de la centrale électrique des installations minières de l'Hôpital de Parzan (voir une page consacrée à la haute vallée du rio Barrosa). Cet endroit est à 15 minutes à pied de l'esplanade de ces installations, mais est accessible en voiture si elle est capable de monter les 250 premiers mètres pentus de la piste. On trouve un endroit pour camper un peu en aval.
  Il est bon de repérer d'abord, de ce point de départ, en amont, un effondrement de la rive gauche du rio, en forme de demi-lune : l'itinéraire passe au-dessus.

   Descendre dans le sous-bois au bord du torrent, puis traverser celui-ci dont le lit cailloteux est divisé en deux ou trois branches, à hauteur d'un cairn imposant. Sur la rive gauche on trouve un sentier qui, sur le bas d'un grand pierrier puis en forêt, monte vers l'amont jusqu'au bord de l'effondrement en question.

  Depuis la remise en fonction et la modernisation (en 2012) de l'usine hydro-électrique de l'Hôpital de Parzan et de sa prise d'eau, un autre départ est possible, un peu en amont. Il est indiqué sur le terrain. Le schéma ci-contre le décrit. La traversée du rio Barrosa se fait juste en aval de la nouvelle prise d'eau (donc à un endroit où son débit est faible) moyennant la désescalade facile du mur (2 m. de haut environ) qui borde la tranchée en aval de la prise d'eau. Ce nouvel itinéraire rejoint l'ancien au-dessus de l'éboulement de la rive gauche (partie d'itinéraire non parcourue par l'aurteur du site).


  Au-dessus de cet effondrement changer de direction pour remonter, guidé par des cairns, la croupe boisée qui sépare le grand pierrier du thalweg du Barranco de Mallo Ruego. Quand la pente se redresse, à hauteur de l'extémité supérieure du pierrier, on finit par trouver les premiers vestiges du chemin muletier, repérés grâce aux murettes qui le soutenaient. Surtout dans les pentes raides de la forêt c'est en effet grâce à ces repères qu'on peut suivre les lacets de cet ancien chemin, souvent effondrés ou effacés par l'herbe et la pierraille. En sachant aussi qu'il se dirige en écharpe vers l'est, au-dessus de barres rocheuses et de petits couloirs encaissés et au-dessous d'une autre barre. A travers les arbres on finit par apercevoir une pelouse : monter vers elle si on a perdu le chemin.
  A la sortie de la forêt il débouche sur des pentes gazonnées moins raides, passe à proximité d'une pile arasée qui soutenait probablement le câble aérien, et ses lacets atteignent, au pied de l'éperon rocheux sur lequel était implantée la station intermédiaire du câble, une sorte de promontoire (vers 1980 m) qui offre une belle vue sur la sierra de Liena, par-delà la vallée du rio Barrosa, jusqu'au col d'Espluca Ruego, et, au sud-est, sur le massif des Puntas Fulsa et Suelsa.
   Sur des pentes herbeuses raides, parsemées de pins, le chemin se lance ensuite dans une traversée lentement ascendante par laquelle il contourne par la gauche (ouest) la base de l'éperon, aprés avoir donné un branche accessoire permettant de monter sur cet éperon en le contournant par la droite, juste au-dessus des piliers en maçonnerie de la station intermédiaire (qui permettait au câble de franchir l'éperon).
   Au bout de cette longue traversée le chemin atteint le barranco de mallo Ruego (2040 m) et traverse le torrent sur des rochers , juste à l'endroit où il plonge dans un couloir étroit et quasi vertical, toboggan qui devrait intéresser des canyonistes.
   On se trouve alors dans le vallon de Mallo Ruego, centré par une petite gorge. Les lacets du chemin, remontent une large croupe à gauche de celle-ci (rive droite). D'abord bien visibles ils disparaissent ensuite dans une zone où on trouve une ancienne plate-forme maçonnée (2105 m) qui supportait peut-être la station supérieure du téléphérique, et servait à l'ancrage des câbles porteurs .
    On les retrouve plus haut dans un éboulis en haut duquel, sur un petit replat proche de la gorge (2165 m), on découvre les ruines de deux bâtiments, en blocs de granite. Le sol est jonché de morceaux de minerai (probablement, là aussi, du plomb argentifére, peut-être associé à des minerais ferreux). Un petit chemin couvert de gispet permet de descendre dans la gorge, profonde d'une dizaine de mètres, où se situe sans doute le filon à la limite entre granite (rive droite) et roche métamorphique. On y voit la bouche de deux galeries. C'est tout ce qui reste des mines de Mallo Ruego.
   Au-dessus : plus de chemin, des moutonnements de granite, des éboulis et de longues pentes herbeuses, dominées par le pic de Mallo Ruego et la falaise de grès rouge du pic Barrosa. Au bout de ces pentes on finit par déboucher sur un épaulement (2520 m) de l'arête sud du pic, où brusquement on découvre, en face, toute la partie sud du cirque. On peut facilement y suivre des yeux le chemin des mines du pic Liena dans une partie de la traversée du cirque..
   Il ne reste plus qu'à gravir cette arête sud, raide mais herbeuse, puis à contourner l'extrémité d'un couloir profond qui la sépare de la falaise de grès rouge, pour gagner les faibles pentes sommitales.

                                                                                     Haut de page

   PANORAMA pris du sommet du pic de Barrosa, visible dans un autre site :

  
 -
notamment dans le site "Panoramas des Pyrénées" (adresse :
http://www.pyrenees360.fr) avec de multiples autres grands panoramas pris de nombreux sommets des Pyrénées ; cliquer sur la vignette ci-dessous pour ouvrir la page contenant un lien pour ce panorama

           

   
   DESCENTE
  : en parcouranr, face au cirque, vers le nord-ouest, les larges croupes qui relient le sommet aux falaises de Barrosa et Barroude, intéressantes sur le plan géologique (voir une page consacrées à des parcours géologiques) et par le panorama qu'elles offrent, on gagne, le port de Barroude (2534 m).
   D'où on descend dans le cirque par le sentier, pour, dans la haute vallée du rio Barrosa, boucler le circuit et rentrer à l'Hôpital de Parzan.
  On peut aussi descendre directement dans le cirque en empruntant les pentes herbeuses raides de l'itinéraire skieur (voir ci-dessus).

   REMARQUES :
   
    *
 Il existe une variante directe à la partie inférieure de cet itinéraire : elle consiste à remonter le pierrier en face de la station inférieure du câble aérien de Mallo Ruego, puis le couloir qui le prolonge à son sommet. On en sort par un ancien sentier escarpé qui remonte l'éperon de la rive droite de ce couloir mais disparait rapidement. Par une pente raide de terre et d'herbe on accède à une vire permettant de descendre dans un deuxième couloir, long et profond, orné d'une cascade sur sa rive gauche. Par une escalade facile on le remonte jusqu'à ce qu'on puisse en sortir à gauche et atteindre l'itinéraire précédent au niveau du "promontoire". Cette variante est à déconseiller en période de hautes eaux, ou aprés un orage.

 *  De bons montagnards bien entrainés peuvent, lorsqu'à la descente ils arrivent sous le port de Barroude, au lieu de continuer à descendre dans le cirque, obliquer à droite pour se lancer dans la TRAVERSEE DU CIRQUE PAR LE CHEMIN DES MINES, jusqu'au col d'Espluca Ruego, et ensuite parcourir la sierra de Liena, descendre du pic Liena sur les mines Luisa, puis, par le chemin de celles-ci (balisé en octobre 2006), sur l'Hôpital de Parzan (voir la page consarée au pic Liena) : ils réalisent ainsi un grand et somptueux circuit, empruntant la totalité des chemins miniers du cirque et des versants de la vallée du rio Barrosa au-dessus de l'Hôpital de Parzan, faisant visiter ces anciennes mines, et de plus trés intéressant sur le plan géologique.
   On peut l'imaginer dans l'autre sens, mais le chemin des mines de Mallo Ruego est plus difficile à trouver à la descente qu'à la montée.
   Si on trouve ce circuit trop long pour une seule journée, on peut le parcourir en deux jours : arrivé au port de Barroude il suffit d'aller coucher au refuge de Barroude, à une demi-heure de là, et de remonter au port le lendemain pour faire la traversée du cirque.

                                                                   

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   NOTES :
     1. Dans le passé le port de Barroude était peu fréquenté par les habitants de la vallée d'Aure pour aller, à pied, dans la vallée de Bielsa. Ils passaient surtout par le port de Bielsa, ou moins souvent par le Port Vieux. En revanche il servait (si on en croit la légende de la carte de Roussel, rédigée vers 1725 : voir la page consacrée à cette carte) aux habitants de la "vallée de Barèges" (c'est-à-dire de la haute valllée du gave de Pau, en amont de la gorge de Pierrefitte, appelée maintenant Pays Toy) pour aller dans la vallée de Bielsa : de Gèdre ils remontaient le vallon de Cambieil, passaient le port de Cambieil (ou "Port d'Aure", ou "Port de Badet", ou encore "Hourquette de Barèges"), descendaient dans le haut du vallon de Badet (qui est une branche de la vallée d'Aure), passaient la Hourquette de Chermentas, d'où ils gagnaient le port de Barroude pour descendre ensuite dans le cirque de Barrosa et atteindre Parzan par la vallée du rio Barrosa. De Gèdre à Parzan il fallait 11 heures en été.

   2. Dans son Guide des Pyrénées centrales (1928), Georges Ledormeur signale, dans le parcours de l'excursion" Arreau à Bielsa", par le port de Barroude (p. 34 ; image ci-dessous, à droite) un "Pont de Barrosa", à 5 h. 30 d'Aragnouet et 1 h. 10 avant d'arriver à l'Hôpital de Bielsa (en ruines). Il semble donc que, encore en 1928, le chemin muletier qui montait de l'Hôpital de Bielsa (ou de Parzan) au port de Barroude franchissait sur un pont le rio Barrosa, sans doute à peu près sous l'emplacement de l'actuelle cabane de Barrosa. Il a depuis disparu, sans doute emporté par une crue du torrent.
   
   Cette page du Guide Ledormeur est par ailleurs intéressante, en raison de plusieurs détails signalés :
   - à 1 h. 20 d'Aragnouet : "Pont ; traverser R. g. cab. de la Géla" : il existait donc encore, en 1928, sur la rive gauche du torrent, une (ou des) cabanes de La Gela, dont on ne trouve maintenant que des ruines (dont celles de la cabane où Lucien Briet a couché en 1897) ;
   - à 3 h. 10 "Cab. adossée à un gros bloc" : on en voit encore les ruines ; il est dit des lacs de Barroude qu'ils "sont constamment glacés" ; puis "monter S en lacets" : on empruntait alors, pour finir de monter au port de Barroude,  les lacets du chemin des mines ;
   - à 6 h. 40 "Hôpital de Bielsa, en ruines" : en 1928 ses ruines étaient encore bien visibles.
   
   
              

  Ci-dessus :  
  - à droite : page 34 du guide Ledormeur, édition 1928, où est décrit l'itinéraire de Arreau à Bielsa par le port de Barroude ;.
   
- à gauche : photo prise le 26 mai 1901 lors d'une excursion à la brèche de Tuquerouye. On y voit, à droite l'auteur du guide, Georges Ledormeur, alors agé de 34 ans, au milieu, le Dr Dupin, et à gauche, Louis Robach. Cette photo a été prise soit par leur guide, Henri Soulé (?), soit automatiquement par l'appareil de Louis Robach (qui en porte le volumineux étui) comme celle prise le 31 juillet 1904
aux grottes Bellevue du Vignemale où figure Henry Russell : voir la page consacrée à Franz Schrader).
 
 
 Ci-contre : les mêmes trois pyrénéiistes, dans le même ordre, endimanchés pour la remise de la médaille d'or du CAF, à Saint-Savin, le 4 décembre 1935 (donc 34 ans plus tard).

   ( Ces deux photos illustrent le livre de Jean Lamanètre," Georges Ledormeur. Le roman d'une vie", édition MonHélios, 2014, p. 66 et 219.)